Star-D met Nkombo en ébullition
Le 28 septembre prochain, le quartier Nkombo, au sud de Brazzaville, prendra les allures d’une scène à ciel ouvert grâce au semi-concert de Star-D programmé à l’espace culturel « Le Quartier d’abord ». L’annonce fait déjà bruisser les salons comme les bars.
Connu pour sa proximité avec son public, l’artiste affirme vouloir « rendre au quartier ce que le quartier lui a donné ». Cette déclaration résume l’esprit de l’événement : un moment festif, intergénérationnel, pensé comme un cadeau à la jeunesse de Nkombo.
L’initiative s’inscrit dans une stratégie plus vaste de valorisation des talents locaux. Depuis son premier single, Star-D milite pour des scènes décentralisées, accessibles et inclusives. Nkombo devient ainsi laboratoire, capable de démontrer que la grande musique ne se limite pas aux grandes salles.
Un répertoire fusionnel aux sonorités urbaines
Au cours de la soirée, le public plongera dans un voyage sonore allant de l’afrobeat à la rumba urbaine, sans oublier le ndombolo qui fait chalouper les trottoirs de Mfilou dès qu’un taxi relâche son haut-parleur.
Star-D a promis de revisiter ses titres phares, parmi lesquels « Nzoto ya quartier », « Mibeko ya rue » et « Soleil sur Brazzaville ». Des versions retravaillées, mâtinées de riffs live, devraient surprendre les habitués et séduire les curieux.
Il dévoilera aussi des inédits spécialement composés pour l’événement. D’après ses proches, ces morceaux traiteront d’identité urbaine, de solidarité entre arrondissements et de résilience, autant de thèmes qui résonnent fortement auprès des jeunes Brazzavillois.
Invités surprises et collaborations sur scène
Afin de prolonger l’énergie, plusieurs artistes émergents rejoindront Star-D. Le chanteur Soukous Kid, la rappeuse Miss Goma et le DJ Dak’City figurent parmi les noms évoqués, sans qu’aucune affiche officielle ne confirme encore la liste définitive.
Cette configuration ouverte laisse la porte à des featurings improvisés, une tradition de la scène congolaise où l’esprit de famille prime sur la compétition. « Ici, on se tient les coudes », rappelle Star-D dans une courte vidéo teaser devenue virale.
Le jeu de lumières sera confié au collectif Lum’Art, habitué des grands plateaux télé et reconnu pour ses fresques LED. Quant au son, le technicien Bazok Studio promet une balance millimétrée, gage d’une immersion digne des festivals internationaux.
Un événement pensé pour et par le quartier
Le choix de l’espace culturel « Le Quartier d’abord » n’est pas anodin. Implanté en 2022 dans une ancienne menuiserie, ce lieu modulable s’est donné pour mission d’apporter la culture au plus près des habitants, sans filtre ni redingote.
Pour l’occasion, des bénévoles du comité de quartier prépareront la logistique, du fléchage des ruelles au recyclage des bouteilles d’eau. Les vendeuses de beignets et les micro-entrepreneurs locaux ont aussi été associés, histoire que la fête profite à tout l’écosystème.
Les autorités municipales saluent la démarche. « Cette initiative complète nos efforts de dynamisation culturelle », déclare un responsable du service animation urbaine, soulignant l’importance de soutenir les artistes qui choisissent de passer par les circuits de proximité.
La musique, moteur d’espoir et de résilience
Au-delà des décibels, Star-D porte une vision sociale : encourager chaque jeune à croire en son potentiel créatif. Ses textes évoquent souvent le courage des vendeurs ambulants, la dignité des artisans et la force des mères célibataires qui font battre le cœur des rues.
Selon la sociologue Diane Massengo, « de tels concerts reconfigurent la manière dont un territoire se regarde ». Ils replacent la culture dans l’espace public et rappellent que le vivre-ensemble se nourrit d’abord d’expériences partagées, quel que soit le niveau de vie.
En marge de la scène, une collecte de fonds soutiendra des cours de musique gratuits pour les enfants du quartier. Une manière concrète de prolonger l’impact du spectacle bien après le dernier rappel et de semer, instrument à la main, les graines d’une relève.
Le 28 septembre, Nkombo espère donc vibrer à l’unisson. Le pari est simple : montrer qu’un quartier peut devenir centre névralgique, le temps d’une nuit, grâce à la force fédératrice d’un beat bien senti. À Brazzaville, nombreux parient déjà sur la réussite.
Logistique et accès facilités
L’entrée sera gratuite, mais un système de bracelets numérotés limitera la jauge à 800 personnes, question de confort et de sécurité. Les organisateurs ont prévu un dispositif d’orientation et un poste de premiers secours opéré par la Croix-Rouge locale.
Pour fluidifier l’accès, deux lignes de bus urbains prolongeront exceptionnellement leurs horaires jusqu’à une heure du matin. Des parkings sécurisés ont été négociés avec des écoles voisines et la police de proximité s’est engagée à veiller sur les abords.
Le financement repose sur un modèle hybride : sponsoring de petites entreprises locales, apport personnel de l’artiste et vente de T-shirts en précommande. « Cette formule nous rend moins dépendants des subventions et plus agiles », explique la manageuse de Star-D, Gaëlle Itoua.
Vers une tournée des quartiers ?
Si l’expérience réussit, le concept pourrait voyager vers Tié-Tié, Poto-Poto ou même Ouenzé, créant une tournée de quartiers qui ferait battre le pouls culturel de la capitale tout au long de l’année.

