Un Jubilé d’or très attendu
La Confrérie Sainte Rita de Cascia, ancrée dans le quotidien spirituel de Brazzaville depuis 1975, s’apprête à franchir le cap symbolique de son demi-siècle. Le rendez-vous du 27 septembre 2025 à Saint-Pierre-Claver promet d’être l’un des temps forts religieux de l’année.
Sur le thème fédérateur « Pèlerins de l’espérance », les fidèles entendent célébrer non seulement un parcours, mais aussi un élan vers le futur, en harmonie avec la dynamique pastorale encouragée par l’archidiocèse et les grandes orientations de la Conférence épiscopale du Congo.
Les coulisses d’une organisation millimétrée
Derrière l’affiche, un comité piloté par Pascal Biozi Kiminou orchestre réunions, plannings et levées de fonds. « Nous avançons avec sérénité, confie-t-il. Chaque détail, du protocole liturgique à la logistique transport, est passé au crible pour que la célébration reflète la joie de notre communauté ».
Autour de l’abbé Servais Moumocko Loupeth, aumônier diocésain, les responsables de paroisses affinent les derniers réglages. Des équipes de volontaires se relaient déjà pour recenser les membres, préparer les livrets de chants et réserver les espaces d’accueil destinés aux délégations venues des neuf diocèses du pays.
Concert marial : voix unies pour l’espérance
Premier temps fort, le 13 septembre 2025, la Place Mariale de la cathédrale Sacré-Cœur vibrera au son des chorales. Les confréries paroissiales, soutenues par de jeunes formations gospel, répètent des pièces polyphoniques mêlant lingala, lari et latin, pour offrir une fresque sonore haute en couleurs.
« La musique élève l’âme et rassemble, explique sœur Brigitte Nguesso, cheffe de chœur à Saint Michel de Makélékélé. Nous voulons que chaque note rappelle la mission d’espérance portée par Sainte Rita. » Les répétitions, ouvertes au public, attirent déjà curieux et mélomanes de toute la capitale.
Un sanctuaire pour inscrire la foi dans la pierre
Au-delà du jubilé, l’autre défi majeur se joue à Djoumouna, sur la route Nganga Lingolo-Linzolo. Le futur sanctuaire Sainte Rita de Cascia doit devenir un repère spirituel et culturel pour les pèlerins du Congo et de la sous-région, selon les termes du cahier des charges.
La pose de la première pierre, annoncée pour le 25 septembre 2025, sera présidée par Monseigneur Bienvenu Manamika, archevêque de Brazzaville, en présence de représentants des autorités locales. Une chapelle, un chemin de croix paysager et des espaces de retraite figurent dans la première phase des travaux.
Le sanctuaire répondra aux normes écologiques préconisées par le diocèse : récupération des eaux pluviales, panneaux solaires pour l’éclairage extérieur et matériaux issus des carrières régionales. « C’est un projet responsable qui unit foi et développement durable », précise l’architecte civil Alain Malonga, chargé du suivi technique.
L’héritage de 1975 à aujourd’hui
La Confrérie Sainte Rita a vu le jour le 10 mai 1975 à Notre-Dame du Rosaire, portée par l’enthousiasme de l’abbé Barthélemy Batantu et la clairvoyance du cardinal Émile Biayenda. Cinquante ans plus tard, l’arbre planté au bord du fleuve a essaimé dans tout le pays.
Les registres diocésains recensent aujourd’hui des confréries actives à Pointe-Noire, Ouesso, Impfondo et Owando, preuve d’une dynamique qui dépasse le simple cadre brazzavillois. Selon l’abbé Moumocko Loupeth, près de 7 500 membres participent régulièrement aux neuf jours de prière dédiés à la sainte des causes impossibles.
Engagements sacramentels et vies transformées
Le jubilé sera aussi l’occasion d’engagements personnels forts. De nouveaux membres prononceront leur promesse tandis que plusieurs couples célébreront le mariage Cana, rite d’inspiration biblique valorisant la fidélité conjugale. Ces pas sacramentels témoignent, selon le père Guy Moussavou, du « rayonnement social de la spiritualité ritanienne ».
Dans les quartiers sud de la capitale, certains commerçants décorent déjà leurs vitrines de foulards bordeaux, couleur emblématique de la sainte. D’autres réservent des stands pour proposer chapelets, statues et ouvrages méditatifs le jour J. L’économie locale se met ainsi en mouvement autour de l’événement jubilaire.
Perspectives au-delà du jubilé
Pour l’après-2025, le comité réfléchit à un programme de bourses scolaires destiné aux orphelins, financé par les cotisations des membres et les ventes du futur centre d’artisanat du sanctuaire. L’idée est d’inscrire l’action de Sainte Rita dans une solidarité concrète, notamment envers la jeunesse défavorisée.
Un partenariat est également envisagé avec le ministère du Tourisme pour inclure Djoumouna dans les circuits spirituels nationaux. « L’État soutient les initiatives qui valorisent notre patrimoine immatériel », souligne un responsable de la direction départementale du tourisme, estimant à terme dix mille visiteurs annuels pour le site.
Un rendez-vous à ne pas manquer
Les inscriptions au pèlerinage seront ouvertes jusqu’au 10 août 2025 dans toutes les paroisses. À Brazzaville, un guichet spécial est installé à la cathédrale pour faciliter l’accueil des personnes âgées ou à mobilité réduite. Les organisateurs promettent un dispositif sanitaire conforme aux recommandations des autorités compétentes.
À un an de l’échéance, la ferveur gagne les rues et les réseaux sociaux. Si le Cinquantenaire s’annonce comme une fête de la foi, il constitue aussi un marqueur identitaire fort pour Brazzaville et, plus largement, pour la conscience collective congolaise tournée vers l’espérance.

