Brazzaville : un concours de peinture au cœur des échanges
Le 8 janvier, l’ambassade de Chine en République du Congo a honoré une vingtaine de lauréats d’un concours de peinture porté par l’Association des entreprises chinoises. L’initiative, menée en partenariat avec l’École de Peinture de Poto-Poto, s’intitule « Image de la coopération sino-congolaise ».
À travers cette cérémonie, l’enjeu dépasse la simple récompense. Il s’agit aussi de mettre en scène une rencontre, celle d’artistes en formation et d’institutions qui utilisent la création comme langage commun, capable de traduire des projets, des souvenirs et une vision partagée du futur.
Exposition « Communauté d’avenir partagé » : un signal culturel
La remise des prix a coïncidé avec le lancement de l’exposition « Communauté d’avenir partagé ». Le même jour, à Addis-Abeba, s’ouvrait l’année des échanges humains et culturels sino-africains 2026, donnant à l’événement de Brazzaville une résonance plus large.
La cérémonie a été co-présidée par la ministre de l’Industrie culturelle, Lydie Pongault, et l’ambassadeur de Chine au Congo, An Qing. Un duo institutionnel qui a souligné, dans ses prises de parole, la dimension culturelle d’une coopération souvent lue à travers ses réalisations visibles.
Lydie Pongault : la culture comme langage durable
Pour la ministre Lydie Pongault, la journée consacre une double reconnaissance : celle du talent des jeunes peintres congolais et celle d’une coopération bilatérale nourrie par le lien humain. « Cette cérémonie consacre non seulement le talent de jeunes artistes congolais, mais elle célèbre également une coopération vivante et féconde », a-t-elle déclaré.
Elle a insisté sur la portée du geste artistique. « Nous célébrons aujourd’hui l’aboutissement d’un concours initié par l’ambassade de Chine depuis le mois de mai dernier, avec pour ambition de promouvoir, à travers la création artistique, le dialogue, la compréhension mutuelle et l’amitié entre nos deux nations », a-t-elle ajouté.
École de Peinture de Poto-Poto : professionnaliser les jeunes créateurs
Les œuvres ont été évaluées par l’École de Peinture de Poto-Poto, un acteur reconnu pour son engagement en faveur de la professionnalisation des jeunes créateurs. Ce cadre a donné au concours une dimension structurante, entre apprentissage des techniques, regard critique et exigence de restitution.
Le sujet imposé invitait à traduire sur toile des infrastructures réalisées par la Chine dans le cadre de la coopération sino-congolaise depuis plusieurs décennies. Le choix du thème a placé les artistes devant un défi : peindre des ouvrages fonctionnels tout en leur donnant une charge sensible.
Infrastructures peintes : la coopération sino-congolaise sur toile
Parmi les ouvrages représentés figurent le siège de la Banque sino-congolaise pour l’Afrique, la Société nouvelle des ciments du Congo, la centrale hydro-électrique d’Imboulou et le barrage de Moukoukoulou. Les tableaux ont aussi mis en lumière l’hôpital général Edith-Lucie-Bongo-Ondimba d’Oyo.
D’autres toiles ont convoqué des repères familiers du quotidien : la route nationale n°1, le centre de maintenance aéronautique, le projet polymétallique de Soremi, l’aéroport Agostino-Neto de Pointe-Noire et le viaduc de la Corniche à Brazzaville. Autant de sujets qui ancrent la peinture dans le paysage.
An Qing : des œuvres comme fenêtres sur l’amitié
L’ambassadeur de Chine au Congo, An Qing, a décrit un concours apprécié des artistes des deux pays. « Nous avons recueilli un grand nombre d’œuvres artistiques remarquables pleines d’émotions sincères », a-t-elle indiqué, en soulignant la capacité des tableaux à dire l’essentiel sans discours technique.
Selon An Qing, « chaque tableau est une fenêtre multicolore » permettant de ressentir l’amitié entre les peuples, à travers une coopération qualifiée de pragmatique. Elle a cité des domaines évoqués par les œuvres et par l’esprit de l’initiative : infrastructures, agriculture, santé, éducation et culture.
Palmarès : les jeunes lauréats mis en lumière
Le premier prix a été attribué à deux artistes : Arthur Bogade Bantsimba Bikoumou et Gerly Mpo. Ils ont, respectivement, réalisé des tableaux représentant la route Ketta-Ntam et la Banque sino-congolaise pour l’Afrique, deux sujets où l’architecture et le mouvement deviennent matière picturale.
Le deuxième prix est revenu à Aimé Mbilampassi Batoula et Ovie Elga Koud pour leurs reproductions du barrage hydroélectrique de Moukoukoulou et des installations de la Société nouvelle des ciments du Congo. Un duo de thèmes industriels exigeant une précision du trait et de la lumière.
Le troisième prix a été décroché par Lionnel Tololo Mboko et Rolvie Kivouelé, avec des tableaux sur le barrage d’Imboulou et le centre de maintenance des aéronefs, en construction à l’aéroport de Maya-Maya à Brazzaville. Des œuvres qui racontent aussi une ville en transformation.
FOCAC 2026 : l’agenda des échanges humains et culturels
Dans les propos rapportés, l’ambassadeur An Qing a élargi la perspective : les acquis de la coopération ne se mesurent pas uniquement à des projets, mais s’enracinent dans les échanges humains et culturels. Elle les a présentés comme un chapitre dynamique et durable, capable de franchir langues et frontières.
Dans le cadre du FOCAC, des centaines d’événements d’échanges humains et culturels sont annoncés sur l’année 2026. L’ambassade de Chine prévoit aussi des expositions, des séminaires, des dialogues et des festivals de films, pour renforcer l’inspiration mutuelle et le lien populaire.

