Une distinction à forte portée symbolique
Sous le lustre d’une salle comble à Brazzaville, Léon-Alfred Opimbat a vu son nom résonner une nouvelle fois au sommet. La Fondation Pro social inter-États lui a remis le trophée « Mémoire et victoire sportive », scellant officiellement un parcours déjà riche d’éloges.
Le sceptre symbolique affirme la reconnaissance collective pour l’homme qui, ministre des Sports en 2015, orchestra la plus grande fête athlétique jamais accueillie par le Congo. Cette reconnaissance publique dépasse la simple cérémonie et se veut un rappel de fierté nationale partagée.
À l’issue du protocole, le premier vice-président de l’Assemblée nationale a confié son émotion, rappelant que « les victoires appartiennent d’abord aux athlètes ». Une phrase modeste qui résume la philosophie d’un dirigeant davantage préoccupé d’héritage que de lumière médiatique.
Le souvenir intact des Jeux africains 2015
Septembre 2015 reste une date clé pour Brazzaville, cinquante ans après avoir inauguré la première édition des Jeux africains. Le stade de Kintélé flambant neuf, conçu pour l’occasion, avait accueilli plus de huit mille compétiteurs et offert au continent une infrastructure aux standards internationaux.
Du défilé inaugural aux finales de handball, l’organisation se déroula sans retard majeur, un exploit salué par les fédérations africaines. Les délégations gardent le souvenir d’un accueil millimétré, du système de transport dédié aux programmations culturelles rythmées par la musique congolaise.
Les experts évoquent fréquemment la « méthode Opimbat » mêlant rigueur budgétaire et diplomatie sportive. Selon un responsable du comité d’organisation, « chaque détail, du chronométrage aux repas, fut planifié un an à l’avance », gage d’une réussite qui sert encore de référence régionale.
Portrait d’un bâtisseur du sport national
Né à Oyo, formé à la médecine avant la politique, Léon-Alfred Opimbat a débuté sa carrière publique au chevet des centres hospitaliers. Rapidement, son intérêt pour la jeunesse l’oriente vers le ministère des Sports où il impose un style fait d’écoute et d’objectifs mesurables.
Sous son mandat, les budgets fédéraux furent stabilisés et plusieurs disciplines, telles que le handisport, obtinrent des subventions inédites. Des entraîneurs se souviennent d’un patron qui passait à l’entraînement, chronomètre en main, discutant techniques, nutrition et scolarité avec les athlètes.
Parallèlement, il siège aujourd’hui à l’Assemblée nationale, où il défend l’idée d’une diplomatie parlementaire axée sur la coopération sportive. « Le sport est un langage sans malentendu », martèle-t-il lors des débats sur la jeunesse, rappelant le potentiel d’un soft power congolais assumé.
La Fondation Pro social inter-États, un mécène engagé
Créée en 2019, la Fondation Pro social inter-États promeut l’inclusion par le sport, l’éducation et la santé à travers l’Afrique centrale. Son programme phare, intitulé « Légendes vivantes », identifie les parcours inspirants afin de constituer une mémoire collective accessible aux plus jeunes.
Le comité de sélection réunit des universitaires, anciens athlètes et journalistes qui évaluent la portée des actions entreprises. Pour 2024, six personnalités étaient nominées, mais la majorité a choisi l’ancien ministre congolais pour « l’empreinte durable laissée sur l’écosystème sportif régional ».
Orcel Bayonga-Mbondza, représentant au Congo, insiste sur un principe clé : « Honorons nos héros de leur vivant ». Pour lui, la distinction d’Opimbat doit stimuler une dynamique nationale de reconnaissance, où dirigeants, entraîneurs et bénévoles se sentent valorisés pour leurs contributions.
Entre mémoire et inspiration pour la jeunesse
Dans les lycées de Brazzaville, l’annonce de la récompense a circulé sur les réseaux sociaux scolaires. Les professeurs d’éducation physique s’en servent déjà pour illustrer des cours sur la persévérance, rappelant que l’ancienne génération offre un miroir où se reflètent les ambitions actuelles.
Des clubs urbains de football aux associations de boxe féminine, plusieurs initiatives évoquent la perspective d’un « Tour Opimbat », série de rencontres où le lauréat irait partager son expérience. L’idée, encore informelle, montre combien une distinction peut devenir levier d’engagement citoyen.
Les observateurs soulignent également l’enjeu de la mémoire sportive, souvent tributaire d’archives éparses. La remise du trophée réactive la nécessité d’un centre de documentation moderne, capable de conserver trophées, photographies et récits oraux pour transmettre l’histoire sportive aux générations digitales.
Quels horizons pour la gouvernance sportive congolaise
La distinction intervient alors que le ministère actuel prépare le plan stratégique 2025-2030, axé sur la professionnalisation des ligues. Plusieurs conseillers reconnaissent que l’expérience de 2015 constitue un manuel implicite, rappelant l’importance d’une coordination inter-ministérielle et d’investissements ciblés dans les infrastructures.
Au Parlement, Opimbat devrait piloter un groupe d’étude centré sur l’économie du sport, annoncé pour la prochaine session. L’objectif est de sécuriser des partenariats publics-privés, garants de ressources pérennes indispensables à l’entretien des arènes et à la préparation des équipes nationales.
En coulisses, des voix appellent à inscrire la célébration dans le calendrier officiel national, au même titre que les Journées dédiées à la culture. Un tel ancrage symbolique pourrait, selon les analystes, nourrir un récit collectif valorisant le sport comme moteur de cohésion et de progrès durable.

