Un essai congolais qui place le détail au sommet
Autour d’un déjeuner de presse, le professeur Roger Armand Makany a levé le voile sur « Le Management par les détails », un essai de 148 pages pensé comme une boussole pour dirigeants, étudiants et décideurs congolais désireux d’insuffler de la rigueur à leurs organisations.
Publié aux éditions Hemar, l’ouvrage est découpé en six chapitres qui brassent leadership, politique publique et performance économique autour d’une idée simple : derrière chaque réussite se cache une attention obstinée aux signaux faibles, aux procédures invisibles et aux gestes quotidiens souvent jugés anodins.
Le maître de conférences s’inspire de vingt ans d’enseignement et de conseil auprès d’établissements publics et d’entreprises privées pour démontrer que l’excellence n’est ni un slogan ni un luxe, mais la conséquence mesurable d’un enchaînement de micro-décisions maîtrisées et documentées.
Les trois piliers du « Management par les détails »
Premier fil rouge : le détail comme thermomètre. Dans le livre, une salle d’attente propre, un rapport financier ponctuel ou une poignée de main assurée sont autant d’indicateurs de la santé morale, administrative et stratégique d’une structure, qu’elle soit ministérielle ou artisanale.
Deuxième pilier : la maîtrise des détails. Pour Makany, le décideur gagnerait à cartographier en continu ses processus afin d’éviter l’approximation. La matrice qu’il propose allie écoute terrain, tableaux de bord et formation continue pour réduire l’écart entre vision et exécution.
Enfin, le troisième axe distingue soigneusement cette méthode du micro-management. Là où ce dernier étouffe l’initiative, le management par les détails place la responsabilité individuelle au cœur d’un cadre clair ; il encourage chaque collaborateur à devenir sentinelle de la qualité collective.
Une parution alignée sur les réformes nationales
La parution intervient dans un paysage congolais marqué par la multiplication des grands chantiers d’infrastructures et par une dynamique de réformes administratives. Les acteurs publics recherchent des outils opérationnels pour sécuriser leurs investissements et accroître l’impact des politiques sociales.
L’auteur l’affirme : « Dans un contexte où les stratégies s’imitent, l’avantage concurrentiel se niche désormais dans l’exécution ». Ces propos, salués par les professeurs présents, résonnent avec les ambitions gouvernementales de modernisation et d’optimisation de la dépense publique et rencontrent un vif intérêt patronal.
Lors de la présentation, Marcel Mbaloula, secrétaire général de l’ESGAE, a rappelé que la complexité croissante des organisations exige une lecture neuve des « petits riens » capables de saboter ou de propulser un projet. L’ouvrage se veut mode d’emploi accessible.
ESGAE, vitrine d’excellence et de rayonnement
Cette sortie éditoriale couronne une année faste pour l’école supérieure. En juin dernier, un décret présidentiel l’a consacrée établissement d’utilité publique, scellant son rang parmi les grandes universités nationales et ouvrant la voie à de nouvelles coopérations académiques et industrielles.
Quelques semaines plus tôt, l’ESGAE avait décroché une troisième palme d’excellence au classement World Universal Ranking, qui liste mille écoles de management. Ce double succès alimente la curiosité autour du livre et renforce la crédibilité de son auteur auprès des décideurs.
Né à Pointe-Noire, le professeur Makany préside également le Centre de perfectionnement des entreprises et dirige des publications universitaires. Membre actif du CAMES, il plaide pour une recherche africaine capable de produire des modèles managériaux adaptés aux réalités locales.
Vers une gouvernance attentive aux signaux faibles
Le concept de management par les détails ne se limite pas à la salle de cours. Dans les ministères, il pourrait faciliter le suivi budgétaire ; dans les PME, il clarifierait les rôles ; dans la culture, il professionnaliserait la production d’événements et concerts locaux.
La méthode trouve déjà écho au sein de la diaspora congolaise, notamment chez de jeunes consultants brazzavillois installés à Paris, Kigali ou Abidjan. Ils y voient une passerelle entre l’exigence internationale et la sensibilité communautaire propre aux entreprises familiales d’Afrique centrale modernes.
Interrogé sur ses perspectives, l’auteur envisage une série d’ateliers thématiques, en partenariat avec les ministères sectoriels, pour décliner sa philosophie. « Chaque direction générale possède son ADN ; notre rôle est d’en rationaliser les rituels », explique-t-il, soulignant l’importance d’une approche co-constructive et alignée sur les priorités nationales.
Les participants au déjeuner de presse, issus des médias, de la banque et de l’administration, ont salué une contribution éloignée des dogmes importés. Pour eux, le livre offre un récit concret et contextualisé, capable de nourrir la réflexion sur la gouvernance concertée au Congo.
En filigrane, l’essai rappelle que l’ambition du Congo de renforcer son attractivité passe autant par les grands projets que par la ponctualité d’un rapport d’audit ou la signalétique d’un service public. Le détail devient alors vecteur de confiance collective durable.
« Le Management par les détails » s’impose ainsi comme une feuille de route pragmatique pour institutions, entreprises et citoyens désireux d’accompagner la modernisation impulsée depuis plusieurs années. Dans l’esprit de son auteur, chaque page est une invitation à l’excellence partagée au quotidien.

