Clôture des sessions ordinaires 2025
Le 13 août 2025, l’Assemblée nationale et le Sénat ont rangé leurs dossiers après quatre mois de travaux soutenus. Sous l’œil d’Isidore Mvouba et de Pierre Ngolo, l’hémicycle a salué une productivité rare qui a retenu l’attention des observateurs de la capitale.
Vingt-sept textes adoptés sur trente-deux à l’Assemblée, vingt-quatre sur vingt-sept au Sénat : le bilan chiffré dévoile un Parlement concentré sur les urgences sociales, depuis la relocalisation des sinistrés des crues de juin jusqu’au cadrage budgétaire indispensable avant la présidentielle de 2026.
Dans l’hémicycle, l’ambiance est restée studieuse mais sereine. Députés et sénateurs se sont souvent rejoints sur un mot d’ordre : préserver l’unité nationale en consolidant les finances publiques, sans céder aux polémiques qui prolifèrent sur les réseaux sociaux à l’approche des joutes électorales.
Cap budgétaire et réformes sociales
Le débat d’orientation budgétaire, considéré comme le thermomètre de la session, a permis de recalibrer la trajectoire économique. L’exécutif a promis un ciblage plus fin des subventions et un suivi numérisé des dépenses, deux leviers salués par de nombreux économistes de Brazzaville.
« Un budget n’est pas qu’un tableur, c’est un contrat social », explique la politologue Céline Bouanga. Selon elle, le recentrage sur la santé et l’agriculture familiale peut réduire les inégalités territoriales, à condition que les programmes soient relayés jusqu’au dernier village, en coordination avec les collectivités.
Les parlementaires ont également soutenu la création d’un fonds d’appui aux start-up culturelles, doté de deux milliards de francs CFA. Le dispositif vise à encourager les jeunes créateurs congolais, souvent contraints de s’exiler pour trouver des financements adaptés à leurs projets numériques ou audiovisuels.
Pour garantir le suivi, un rapport semestriel devra être transmis en open data. Les élus espèrent que cette transparence renforcera la lutte contre les doublons administratifs et gagnera la confiance des bailleurs internationaux.
Vers un débat public apaisé
Dès le perchoir, Isidore Mvouba a exhorté les Congolais à fuir l’injure et la calomnie. Ce rappel à la civilité survient alors que les plateformes de messagerie bruissent de rumeurs non vérifiées pouvant, selon plusieurs ONG, amplifier les tensions communautaires.
Pierre Ngolo a repris l’argument en soulignant que la liberté d’expression ne doit jamais se confondre avec la diffamation. Il a appelé les leaders d’opinion à investir dans la formation des jeunes aux médias afin de transformer l’énergie numérique en outil d’éducation citoyenne.
D’après l’analyste Médard Okoumba, la question n’est pas seulement juridique : « À l’ère du téléphone intelligent, chaque citoyen devient éditeur. Le Parlement rappelle que la paix se défend aussi devant un clavier ». Un message qui résonne jusque dans les studios de podcasts urbains.
Le Conseil supérieur de la liberté de communication prépare, de son côté, un guide pratique destiné aux influenceurs, afin de clarifier la frontière entre opinion, satire et diffamation, dans le respect des lois nationales et des standards africains des droits humains.
Présidentielle 2026 en ligne de mire
À un an et demi de la prochaine échéance, l’hémicycle s’est penché sur la sécurisation du scrutin. Les commissions ont acté l’acquisition de kits biométriques supplémentaires et l’extension du réseau d’observation, en partenariat avec des organisations régionales spécialisées dans la transparence électorale.
Dans les couloirs, des parlementaires rappellent que 2026 marquera le premier vote présidentiel post-pandémie, avec un électorat fortement rajeuni. Le défi logistique tient autant au matériel qu’à la pédagogie : expliquer le processus à des primo-votants familiers des lives TikTok plutôt que des bulletins papier.
Le politologue Albert Goma note toutefois que la sérénité affichée par les deux chambres constitue un signal rassurant pour les investisseurs. « Stabilité institutionnelle et calendrier électoral maitrisé créent un climat prévisible », insiste-t-il, rappelant le lien direct entre confiance politique et mobilisation de capitaux.
Un projet de loi sur le vote électronique sécuritaire est également à l’étude. Les sénateurs, prudents, conditionnent son adoption à un audit indépendant des prototypes, estimant que la modernisation doit aller de pair avec un haut niveau de garantie pour l’intégrité du suffrage.
Unité nationale et perspectives
Des bancs de l’opposition aux rangs de la majorité, le mot d’ordre demeure l’unité. Mvouba souligne « l’esprit républicain » indispensable pour transformer les atouts miniers, forestiers et culturels en croissance partagée. L’idée fait écho à la résilience vantée par le président Denis Sassou Nguesso.
Au-delà des murs du Palais du Peuple, des collectifs de jeunes artistes organisent déjà des fresques collaboratives pour célébrer la fête nationale. Sponsorisées par le nouveau fonds culturel, ces initiatives illustrent l’alignement souhaité entre parole parlementaire et mobilisation citoyenne sur le terrain.
Le rideau tombe donc sur une session dense, mais la scène reste ouverte. Les prochains mois diront si la critique constructive l’emporte véritablement sur la polémique. Pour l’heure, la classe politique semble déterminée à conjuguer engagement civique et vision partagée d’un futur apaisé.
Pour nombre d’analystes, l’année 2025 aura surtout servi de laboratoire démocratique grandeur nature.

