Kinkala, épicentre d’un projet rassembleur
À la veille des fêtes de fin d’année, la ville de Kinkala, chef-lieu du département du Pool, s’apprête à accueillir les premières « Journées du vivre-ensemble ». Portée par le sénateur Jean-De-Dieu Kourissa, l’initiative veut offrir un espace de dialogue, de culture et de prière aux communautés locales.
Le choix de Kinkala ne doit rien au hasard. Cette cité, longtemps présentée comme porte d’entrée vers le sud du pays, incarne aujourd’hui la résilience d’un territoire qui a connu des soubresauts. « Notre ambition est de célébrer la paix retrouvée et d’enraciner l’unité », confie le sénateur.
L’appui décisif du Nonce apostolique
Le 14 novembre 2025, Jean-De-Dieu Kourissa, accompagné des organisateurs Joachim Mbanza et Placide Milandou, a été reçu en audience à la Nonciature apostolique de Brazzaville. Face à Mgr Javier Herrera Corona, ils ont détaillé le programme, mêlant conférences, ateliers artistiques et messes.
« Le vivre-ensemble est plus qu’un concept, c’est une responsabilité partagée », a rappelé le représentant du Saint-Siège, saluant « la dimension inclusive et intergénérationnelle » de l’événement. Le prélat a souligné l’importance de mobiliser prêtres, catéchistes et laïcs pour accompagner la réflexion sur la cohésion sociale.
Un calendrier pensé pour la jeunesse
Les Journées, prévues avant la fin décembre, coïncideront avec les congés scolaires afin de drainer un large public de jeunes. Tournois sportifs, concours de slam et expositions de bandes dessinées locales complèteront les tables rondes citoyennes. « Nous voulons parler à cœur ouvert à ceux qui feront le Congo de demain », explique Placide Milandou.
L’équipe mise sur la force des réseaux sociaux pour relayer les débats en direct. Un studio mobile de podcast sera installé sur la place de la Cathédrale Sainte-Monique, permettant aux étudiants de s’exprimer sur la tolérance, la créativité et l’entrepreneuriat solidaire.
Des partenariats institutionnels et culturels
Outre l’Église catholique, plusieurs organisations patronales et associations de femmes se joignent au projet. Un village des métiers, appuyé par la Chambre de commerce de Brazzaville, présentera les opportunités dans l’agro-transformation et le numérique. « La cohésion sociale passe aussi par l’emploi et la dignité économique », insiste Joachim Mbanza.
Le ministère des Sports et de l’Éducation civique prévoit d’envoyer des coachs et des animateurs civils. Les musiciens du collectif Bantou Melody donneront un concert gratuit, tandis que des artisans sapeurs exposeront des tenues emblématiques de la mode congolaise, symbole de fierté et de créativité partagée.
Un héritage spirituel et citoyen
À l’issue de l’audience, Mgr Herrera Corona a conduit une prière dans la chapelle de la Nonciature. « Prions pour que chaque Congolais devienne un bâtisseur de paix », a-t-il déclaré. Pour Jean-De-Dieu Kourissa, ce moment scelle « un partenariat moral » essentiel à la réussite de l’événement.
Le sénateur rappelle que sa circonscription a déjà accueilli, en 2019, une marche interreligieuse pour la réconciliation. « Nous voulons inscrire les Journées dans cette lignée, mais avec une dimension plus large, touchant la culture, l’économie et l’écologie humaine », précise-t-il.
Déploiement progressif dans les départements
Si Kinkala constitue l’étape inaugurale, les organisateurs envisagent de décliner le concept en 2026 à Dolisie, Owando et Oyo, afin de créer un maillage national. Des groupes de travail planchent déjà sur l’adaptation des activités à chaque réalité locale, en lien avec les préfectures et les diocèses.
Selon un document remis à la Nonciature, chaque édition future mettra en lumière un thème spécifique : environnement, numérique responsable ou patrimoine culinaire. « Cette modularité garantit l’adhésion des populations et l’ancrage durable du message de concorde », résume le coordinateur.
Un climat de confiance renforcé
Dans le Pool, les chefs de village et les autorités administratives se disent rassurés par l’implication du Vatican. « La présence du Nonce apporte une caution éthique et spirituelle qui dépasse les clivages », observe le sociologue Firmin Banzouzi, spécialiste des dynamiques communautaires.
Les partenaires locaux y voient également une opportunité touristique. Les hôtels de Kinkala préparent des offres spéciales. Les commerçants de produits agricoles espèrent écouler manioc, piments et vins de palme auprès des visiteurs attendus des départements voisins.
Un écho dans la diaspora
Les Congolais de France, du Canada et d’Afrique du Sud suivent le projet via les plateformes de streaming. L’association Diaspora Pool a prévu d’envoyer une délégation de jeunes professionnels pour coanimer des ateliers sur la gestion de projets et le marketing culturel.
« Nous voulons apporter notre expertise et renforcer les ponts avec le territoire d’origine », explique Nadia Louvoulou, cheffe de projet à Johannesburg. Cette circulation d’idées illustre la vocation transnationale des Journées, appelée à fortifier le sentiment d’appartenance.
Vers un pacte du vivre-ensemble
Au terme de la première édition, les participants signeront une charte citoyenne baptisée « Pacte du vivre-ensemble de Kinkala ». Le document, élaboré avec des juristes et des leaders religieux, détaillera des engagements concrets : médiation communautaire, protection de l’environnement et valorisation des cultures locales.
Le sénateur Kourissa espère que cette charte inspirera d’autres collectivités. « C’est un socle d’engagements simples mais forts, que nos jeunes pourront porter partout dans le pays », note-t-il, convaincu que la construction de la paix passe par des actes tangibles partagés.
Cap sur décembre : derniers réglages
À moins d’un mois de l’ouverture, les équipes finalisent la logistique. Trois mille invitations officielles sont envoyées aux administrations, aux ONG et aux chancelleries. Un communiqué conjoint avec la Nonciature précisera prochainement les intervenants majeurs, dont plusieurs experts en dialogue interreligieux.
Les organisateurs se disent sereins. « La dynamique est enclenchée, les entreprises locales livrent déjà les stands et le matériel audiovisuel », assure Joachim Mbanza. Kinkala se prépare ainsi à vibrer au rythme d’un message fédérateur, sous le regard bienveillant de l’Église et des autorités civiles.

