Mayoko fête le sport estival
Depuis le stade communal envahi par les chants, le président du Conseil départemental du Niari, Armand Moody Mafoumbou, a donné le coup d’envoi de la douzième édition des jeux de vacances de Mayoko, rendez-vous sportif devenu repère estival pour l’ensemble de la jeunesse locale.
Le tournoi, organisé par l’Association Amicale Louessé, s’inscrit cette année sous le mot d’ordre « Jeunes de Mayoko debout ! », slogan qui reprend l’appel au dépassement de soi souvent formulé par le chef de l’État Denis Sassou-Nguesso dans ses allocutions consacrées à la jeunesse.
Durant deux semaines, football, athlétisme, basket et l’incontournable Nzango vont se succéder sur des terrains parfois improvisés, transformant les rues sableuses en arène festive, preuve que les infrastructures légères peuvent devenir un formidable laboratoire d’expérimentation citoyenne.
Une impulsion présidentielle pour la jeunesse
Dans son discours d’ouverture, Mafoumbou a rappelé que la paix reste « le premier trophée offert aux citoyens », reprenant ainsi la ligne directrice du programme présidentiel axé sur la stabilité et la cohésion, préalable nécessaire à tout épanouissement sportif ou culturel.
Selon le coordonnateur, le tournoi illustre la volonté des autorités de faire du sport un prolongement de l’école républicaine ; il sert de passerelle entre les maîtres, les parents et les parrains institutionnels, tous mobilisés pour fabriquer l’unité par le jeu plutôt que par l’injonction.
Le sport comme ciment social
À Mayoko, localité frontalière du Gabon, les équipes se constituent par quartiers, pas par ethnies ; un détail en apparence, mais essentiel dans cette zone où la diversité linguistique est grande et où le football devient un langage commun instantanément compris.
Les formations féminines de Nzango attirent un public aussi dense que les matches masculins, déjouant les stéréotypes et ouvrant des perspectives inédites pour les filles, dont beaucoup découvrent, chaussures aux pieds, une confiance nouvelle et la promesse tangible d’une reconnaissance sociale.
À la tombée du jour, la ville résonne des applaudissements de supporters improvisés ; commerçantes, planteurs, élèves et mineurs d’or artisanal partagent les mêmes gradins de fortune, signe que la pratique sportive réduit les écarts et recompose l’espace public.
Détection et formation des talents congolais
Au-delà du spectacle, les recruteurs des centres de formation départementaux observent, carnets ouverts, chaque dribble et chaque détente verticale ; une première pour Mayoko, longtemps éloignée des circuits de détection faute de routes asphaltées et de couverture médiatique.
Le président du Conseil départemental estime qu’« un élite solide exige une base large » ; l’idée consiste donc à retenir les joueurs les plus prometteurs pour les orienter vers Dolisie ou Brazzaville, où des entraîneurs fédéraux consolideront leurs aptitudes techniques et leur discipline personnelle.
Cette passerelle, soutenue par le ministère des Sports, devrait accroître la représentativité des territoires ruraux dans les sélections nationales, tout en offrant un motif supplémentaire aux familles pour maintenir leurs enfants à l’école, le ballon devenant ici un stimulant scolaire plutôt qu’un substitut.
Le Nzango, héritage et modernité
Sport-spectacle né dans les cours d’écoles, le Nzango conjugue gymnastique, chant et chorégraphie guerrière ; en l’inscrivant au programme, les organisateurs affirment la place des pratiques féminines dans le paysage sportif tout en valorisant un patrimoine immatériel purement congolais.
Les capitaines de Nzango témoignent d’une même fierté : « Sur le terrain, nous portons nos couleurs et nos dialectes, mais nous jouons pour l’image de Mayoko », résume Sabine Ngatsongo, étudiante en comptabilité devenue figure locale après deux titres départementaux.
Effets multiplicateurs sur l’économie locale
Durant le tournoi, les vendeuses de beignets doublent leurs recettes, les mototaxis se relaient tard dans la nuit et les couturiers adaptent en urgence des maillots flambant neufs ; un micro-essor qui compense en partie la baisse des revenus agricoles saisonniers.
Les autorités espèrent pérenniser cette dynamique avec un calendrier annuel d’activités physiques et culturelles afin de stimuler un tourisme de proximité, encourager la création de petites entreprises et conforter ainsi la stratégie nationale de diversification portée par le gouvernement.
Des ateliers de recyclage artistique, prévus en marge des finales, proposeront aux jeunes de transformer les banderoles usagées en accessoires de mode, mêlant esprit entrepreneurial et sensibilisation écologique, démarche encouragée par les partenaires locaux de l’Agence congolaise de l’environnement.
Vers un avenir collectif et responsable
À l’heure des réseaux sociaux, le hashtag #Mayoko2024 tourne déjà sur les smartphones, preuve que l’événement se propage au-delà des limites du district et façonne une image positive d’un Congo-Brazzaville jeune, sportif et confiant dans sa trajectoire.
Une fois le dernier coup de sifflet donné, il restera la leçon fondamentale rappelée par Mafoumbou : la victoire importe, mais seule compte vraiment la capacité à devenir des citoyens armés de fair-play, de solidarité et d’espoir, conformément à l’esprit prôné par la République.

