Paris accueille Henri Djombo pour une dédicace attendue
Le 17 janvier, l’écrivain et homme d’État congolais Henri Djombo présente au public parisien son nouveau roman, « Une semaine au Kinango ». L’ouvrage, paru l’année dernière aux Éditions du Net, poursuit une trajectoire littéraire déjà bien installée.
Après Brazzaville et Yaoundé, ce onzième roman est proposé en présentation-dédicace le samedi 17 janvier à Paris. La rencontre se tient dans la Salle Verte de l’ambassade de la République du Congo en France, dans un format ouvert au public.
À l’ambassade du Congo, une soirée entre lecture et débat
Universitaires, journalistes et passionnés de littérature sont attendus pour écouter l’auteur et échanger avec lui. Le rendez-vous vise à éclairer la démarche d’Henri Djombo, reconnu pour une écriture qui s’inscrit dans la continuité d’une œuvre attentive aux dynamiques africaines contemporaines.
La présentation prévoit aussi un temps d’analyse avec des critiques littéraires invités à décrypter le texte. Dans la salle, l’esprit est celui d’une conversation exigeante mais accessible, où le roman sert de point de départ à un dialogue sur les sociétés africaines.
« Une semaine au Kinango » : un pays fictif, des échos réels
Dans ce récit de 185 pages, Henri Djombo installe le lecteur au Kinango, nation fictive conçue comme un miroir des réalités africaines. Le dispositif narratif permet d’observer, à distance, des situations reconnaissables, sans enfermer le propos dans un seul pays ou une seule époque.
Dès les premières pages, une image frappe : l’invasion de fourmis magnan. Cette scène, appelée à être discutée lors des échanges, fonctionne comme une métaphore structurante. Elle donne le ton d’un roman qui avance par symboles autant que par situations.
La métaphore des fourmis magnan et le « pouvoir par le bas »
Individuellement, les fourmis semblent presque insignifiantes. Ensemble, elles deviennent une force irrésistible. Des intervenants y lisent une allégorie du « pouvoir par le bas », soulignant la capacité des peuples à se mobiliser et à peser sur le cours des choses.
Le roman évoque ainsi des perceptions d’injustice, de corruption et d’immobilisme politique, sans réduire ses personnages à des slogans. Henri Djombo préfère faire sentir les tensions à travers des scènes et des rapports humains, plutôt que d’énoncer des thèses.
Tensions sociales, réformes raisonnées : Kinango comme laboratoire
Le Kinango sert de laboratoire politique où s’observent fragilités visibles et invisibles. Le texte explore fractures sociales, conflits générationnels et rapports de force entre gouvernants et gouvernés. Il laisse aussi place à des espoirs de réformes, présentées comme possibles et réfléchies.
Traditions et modernité s’y croisent, tout comme intérêts nationaux et pressions internationales. Cette combinaison installe une ambiance de débat permanent, où chaque décision engage des équilibres. Le roman met en scène des arbitrages, davantage que des verdicts.
Un auteur entre économie, action publique et création littéraire
Henri Djombo est économiste de formation, ancien ministre et écrivain prolifique. Son parcours nourrit une œuvre qui compte une dizaine de romans, mais aussi des pièces de théâtre et des essais. Il revendique une littérature ancrée dans les réalités africaines, attentive au terrain.
Lauréat de plusieurs distinctions internationales, dont les prix Toussaint-Louverture et Camara-Laye, il s’inscrit dans une démarche constante. Avec « Une semaine au Kinango », il entend, selon ses mots, « écrire l’Afrique à partir de l’Afrique », sans complaisance ni fatalisme.
Une œuvre qui interroge, sans flatter les consciences
« Le romancier n’est pas là pour flatter les consciences, mais pour interroger les sociétés », aime-t-il à rappeler. Dans cette perspective, le Kinango n’est pas un décor lointain : il devient une projection des aspirations à une justice plus humaine et à une gouvernance responsable.
À Paris, la séance de dédicace s’annonce comme un moment de littérature au sens plein, où l’on vient autant pour rencontrer l’auteur que pour éprouver les idées du livre. Pour la diaspora comme pour les curieux, l’événement promet une discussion à hauteur de roman.

