Brazzaville célèbre le handball et la fraternité
Du 12 au 22 décembre 2025, le Gymnase Michel d’Ornano résonnera au rythme des dribbles et des encouragements. La capitale accueille un nouveau Tournoi national de handball seniors, placé sous le signe de la cohésion et de la fraternité, valeurs chères au pays.
Initiée par la Dynamique pour le réveil du handball congolais, en partenariat avec le club DGSP de Serge Oboa, la compétition rassemble des formations venues de Pointe-Noire, Loutété, Dolisie, Brazzaville et Kinshasa. Un plateau inédit qui redonne souffle à une discipline longtemps à court de confrontations.
La marraine, Madame Aline France Etokabéka, a donné le coup d’envoi sous les vivats, louant « l’engagement des organisateurs à fédérer la jeunesse par le sport ». À ses côtés, la coordonnatrice Christelle Colombe Bouaka Milandou a rappelé que la compétition dépasse le seul objectif du classement.
Le match inaugural, remporté 21 à 8 par les féminines de la DGSP face à Inter-club, a donné le ton. Intensité, sourires et gestes techniques ont confirmé la volonté des athlètes d’offrir un spectacle digne des infrastructures modernes disséminées sur le territoire grâce à la volonté politique.
Un mécénat sportif au service de la jeunesse
Figure centrale de l’événement, le général de brigade Serge Oboa, conseiller spécial du Chef de l’État, finance et encadre le projet via la DGSP. « Le sport est un levier d’épanouissement pour la jeunesse congolaise », rappelle-t-il, reprenant les propos du président Denis Sassou Nguesso.
Ce soutien privé-public illustre une tradition congolaise du mécénat, déjà visible lors du récent tournoi de Madingou. Là encore, les moyens logistiques ont permis d’acheminer les équipes, d’offrir des équipements uniformes et de garantir la couverture médicale, éléments indispensables à la professionnalisation des handballeurs.
Au-delà des chiffres, la symbolique compte. En associant le label présidentiel aux parquets, les organisateurs entendent rappeler qu’une pratique sportive régulière concourt à la santé publique, à la discipline collective et à l’émergence de modèles positifs, trois priorités évoquées dans le Plan national de développement.
Cohésion nationale et diplomatie sportive
La venue d’une sélection kinoisienne apporte une dimension transfrontalière bienvenue. Pour la coordonnatrice, « le handball devient un langage commun qui dépasse le fleuve ».
Sur les gradins, des étudiants gabonais et centrafricains joignent leurs chants à ceux des supporters locaux. Le tournoi s’érige ainsi en plateau diplomatique informel, où l’on parle autant tactique que projets de coopération culturelle ou opportunités d’études, selon plusieurs témoignages recueillis à l’issue du premier match.
Le thème choisi, « cohésion et fraternité », trouve un écho particulier chez les sélectionneurs départementaux. Chacun insiste sur la nécessité de mutualiser les expériences, de partager les données de préparation physique et de créer, à terme, un championnat solide pouvant nourrir les futures sélections nationales.
Une lueur dans la crise de la FECOHand
Depuis plusieurs mois, la Fédération congolaise de handball traverse des tensions internes. L’organisation indépendante de ce tournoi offre un exutoire aux clubs, qui craignaient de voir leurs licenciés perdre le rythme de la compétition, voire quitter le pays pour d’autres championnats.
À Brazzaville, quelques observateurs saluent déjà l’initiative. « Sans affrontements réguliers, un sport meurt à petit feu », souligne un ancien international, désormais entraîneur. La présence des médias, dont Les Echos du Congo-Brazzaville, contribue à documenter les progrès et à élargir l’audience d’une discipline exigeante.
La Dynamique pour le réveil du handball espère qu’une gouvernance apaisée émergera de l’émulation actuelle. Un calendrier annuel devrait être proposé après la finale. Il inclurait des stages de détecteurs et une tournée promotionnelle dans les établissements scolaires, afin de consolider la relève.
Entre passion populaire et ambitions professionnelles
Si le handball reste moins médiatisé que le football, il possède un ancrage historique, notamment dans les quartiers Méridien et Makélékélé. Durant la décennie 1990, les tribunes vibraient déjà pour les duels Étoile du Congo–Inter-club. Le tournoi 2025 puise dans cette mémoire collective.
Mais l’objectif déclaré est de franchir un cap. Les organisateurs souhaitent attirer les regards des recruteurs africains et européens, en capitalisant sur la diffusion en streaming annoncée pour les demi-finales et la finale. Une première qui pourrait transformer les trajectoires de jeunes talents.
En attendant, les filets tremblent, les poignées de main se multiplient et la klaxonne résonne jusqu’aux rues de Poto-Poto. À l’issue de la dernière journée, un classement sera établi, mais l’essentiel restera le souvenir d’un rendez-vous où le sport a servi de ciment national.
Les retombées économiques immédiates ne sont pas négligeables. Les hôtels du centre affichent complet, les vendeurs de brochettes installent leurs braseros tôt et les taxis appliquent des forfaits spéciaux. « Un tournoi, c’est aussi de l’emploi pour les petits métiers », sourit un steward bénévole.
À la tombée de la nuit, les artistes urbains programmés en after-game transforment l’esplanade du gymnase en scène éphémère. La boucle est bouclée entre culture, sport et convivialité, un triptyque que la capitale entend promouvoir à l’approche des grands rendez-vous touristiques de 2026.

