Une journée sportive rassembleuse au Kouilou
Au village Koutou, situé à quatre-vingt-dix kilomètres de Pointe-Noire, les cris des supporters ont résonné tout l’après-midi du 13 décembre. Football et Ndzango, deux disciplines populaires, ont attiré des dizaines d’équipes venues des localités voisines, transformant la place du marché en véritable stade champêtre.
Cette grand-messe sportive portait le label « Kouilou, terre de sport et de solidarité », impulsé par l’Association Les Amis de Denis Christel Sassou Nguesso, plus connue sous l’acronyme AADCSN. Sa présidente, Christelle Evy Josiane Ngoma, a voulu faire de l’événement un manifeste de convivialité rurale.
AADCSN, partenaire citoyen du développement
Dans le district de Madingo-Kayes, le sous-préfet Joseph Herbin Fouti voit dans l’initiative un prolongement de l’action publique. « L’État encourage le sport, mais les partenariats citoyens amplifient nos moyens », explique-t-il, avant de féliciter les vainqueurs pour leur discipline et leur fair-play remarqué.
L’AADCSN, fondée pour soutenir l’engagement local de Denis Christel Sassou Nguesso, fils du chef de l’État, multiplie depuis plusieurs années les tournois, consultations médicales gratuites et campagnes de reboisement. À Koutou, elle a mobilisé arbitres, sponsors et logistique sans solliciter de frais auprès des jeunes.
Christelle Ngoma rappelle que l’association est financée par des cotisations volontaires de sympathisants, complétées par le mécénat d’entrepreneurs du Kouilou. « Transparence et efficacité sont nos maîtres-mots », insiste-t-elle, brandissant un rapport d’activités soigneusement relié.
Foot et Ndzango, vecteurs d’unité
Le message de paix et d’unité, régulièrement rappelé par le président Denis Sassou Nguesso, a servi de fil rouge. Chaque match débutait par l’exécution de l’hymne national, tandis que les capitaines lisaient un court engagement contre la violence, preuve qu’un ballon rond peut aussi transmettre une philosophie.
Sur le terrain, le village Koutou a dominé la finale face à Tissaka, l’emportant un à zéro grâce à un tir tendu de l’attaquant Mbengui dans les arrêts de jeu. Les tribunes improvisées ont explosé de joie, rappelant que la rivalité reste saine quand l’arbitrage est respecté.
Le Ndzango, jeu traditionnel essentiellement pratiqué par les femmes, a réuni Wolo et Youbi autour d’un duel rythmé de chants. Au terme d’une heure, Wolo s’est imposé 90 points à 80. « Cette victoire rejaillit sur toutes les filles de la région », s’émeut la capitaine Mateso.
Les animateurs culturels locaux saluent le retour de ce sport d’adresse et d’agilité, tombé un temps en désuétude. Selon eux, proposer une compétition mixte renforce l’équité et montre aux jeunes que la performance ne se mesure pas uniquement en buts inscrits mais aussi en coordination collective.
Éducation et dons : investir dans l’avenir
Au-delà du terrain, l’AADCSN a remis des lots de cahiers, stylos, manuels et sacs aux écoliers de Koutou. Les fournitures, acheminées la veille depuis Pointe-Noire, répondent à un besoin criant dans cette zone rurale où certains parents vivent de la simple cueillette menacée par la faune.
« Nous devons apprendre avec du matériel décent pour atteindre nos rêves », confie la jeune Élise, 10 ans, un sac neuf serré contre elle. Le sourire des enfants a suffi, disent les organisateurs, à justifier les heures de piste rouge avalées pour atteindre Koutou, plus grand village du district.
Témoignages et impact local
Passi Loukouzi Julienne, directrice de l’école, voit dans l’association « un modèle à promouvoir ». À ses côtés, le chef de village Jean Jacques Bouiti insiste sur le rôle catalyseur du sport : « On oublie nos différences, on parle d’équipe ». Leur approbation conforte l’idée d’un développement endogène.
Pour les autorités locales, la rencontre démontre que le partenariat public-privé-associatif peut accélérer les Objectifs de Développement Durable, notamment sur l’axe 4 relatif à l’éducation de qualité. Les trophées remis ne symbolisent pas seulement une victoire, ils consacrent une méthode fondée sur la concertation permanente.
Cap sur de nouveaux défis sportifs
L’AADCSN annonce déjà la réédition du concept dans les districts voisins de Kakamoéka et Hinda. Une cartographie des stades disponibles est en cours, tandis que des entraîneurs volontaires seront formés aux premiers secours pour sécuriser davantage les rencontres à venir.
À plus long terme, l’association envisage de créer une coupe inter-départements qui pourrait culminer, chaque année, à Pointe-Noire sous le parrainage de partenaires institutionnels et privés. Un projet qui harmonise sport, tourisme interne et rayonnement culturel au-delà même des frontières du Kouilou.
Une cohésion durable au-delà des terrains
Les habitants, eux, espèrent que les performances observées susciteront un suivi continu : séances d’entraînement hebdomadaires, matériel partagé, mentorat scolaire. « La compétition doit devenir un programme », insiste l’enseignant Beka, convaincu qu’une jeunesse occupée sur un terrain gagne aussi en concentration à l’école.
Dans le Kouilou, où les éléphants menacent parfois les cultures, le sport devient une sentinelle sociale. Rassembler, dialoguer, protéger les récoltes par la présence humaine : autant de bénéfices annexes soulignés par le vétérinaire Nkouka, venu sensibiliser les équipes aux gestes de cohabitation avec la faune.
Au soir de la remise des coupes, un tonnerre d’applaudissements a salué bénévoles et autorités. Koutou, lampes torches levées, s’est promis de garder vivante la flamme sportive. L’aventure, disent les anciens, ne fait que commencer : elle court déjà, de village en village, sur la poussière rouge.

