Une transition express au sommet de la fédération
Élue le samedi 16 août 2025, Linda Ambroisine Noumazalayi Ebendzé a à peine le temps de recevoir les félicitations que son prédécesseur, Yann Ayessa Ndinga Yengué, lui remet déjà les dossiers au Gymnase Nicole Oba, au cœur d’un sixième arrondissement vibrant d’espoir pour le handball congolais.
Au petit matin du dimanche, la nouvelle présidente réunit sans délai son bureau exécutif. Autour d’une table couverte de carnets et de smartphones, elle pose trois priorités : gouvernance clarifiée, reprise des championnats, attractivité financière. Le ton est direct, l’agenda serré, le message limpide.
Cette cadence tranche avec les lenteurs qui avaient marqué la fin du précédent mandat. « Nous devons passer du discours à l’action », confie un cadre, saluant une énergie « contagieuse » capable de réconcilier public, athlètes et partenaires après une saison blanche démoralisante.
Statuts dépoussiérés pour pacifier les élections
Lundi 18 août, la fédération convie ligues et clubs à un congrès extraordinaire consacré à un seul article des statuts. Rarement l’administration sportive aura semblé aussi palpitante : l’enjeu, modifier la chaîne de recours électoraux, était présenté comme la clé d’une paix durable.
L’article 34, imposant un passage successif devant le Tribunal arbitral et la Chambre de conciliation et d’arbitrage du sport avant tout appel continental, est finalement supprimé à l’unanimité. Les délégués estiment que ce circuit complexe nourrissait la frustration et plombait la confiance interne.
« Les conflits doivent se régler dans la maison », explique Maître Maurice Akouala, invité comme expert. En accélérant les procédures, la Fécohand espère couper l’herbe sous le pied des querelles personnelles. Le vote, applaudi debout, symbolise un tournant vers une gestion plus consensuelle.
Les contentieux juridiques enfin sur la touche
Entre 2023 et 2024, cinq décisions contradictoires avaient paralysé la fédération, entraînant l’arrêt des championnats et le décrochage de plusieurs sponsors. Faute de matches, nombre de joueurs ont rejoint le football ou le basket, illustrant l’urgence d’un retour rapide à la compétition.
La suppression de la Chambre nationale n’empêchera pas un arbitrage continental si nécessaire, rappelle le juriste Prince Mvouba, mais elle évite « des mois d’incertitude coûteuse ». Pour lui, la clarification s’aligne sur les bonnes pratiques de conciliation interne recommandées par l’instance africaine.
Dans les vestiaires, la décision est accueillie avec soulagement. « Nous voulons que le terrain redevienne l’unique juge », résume Adèle Babingui, arrière de PetroSports. Sa rivalité avec Diables Noirs, dit-elle, ne se règlera jamais devant un greffier, seulement au tableau d’affichage.
Un calendrier sportif calibré pour 2026
La présidence dévoile un calendrier prévisionnel : tournoi de reprise en octobre, championnat élite et juniors dès janvier 2026, finale nationale programmée pour juin à Kintele. Les directions techniques peaufinent déjà des cahiers des charges logistiques incluant transport, hébergement et protocoles médicaux.
Au-delà des dates, l’équipe dirigeante veut ranimer l’enthousiasme populaire. Un partenariat est négocié avec une plateforme numérique locale pour diffuser gratuitement les rencontres en streaming, financées par la publicité. L’objectif : toucher la diaspora congolaise et séduire de nouveaux annonceurs attirés par la data.
Clubs, supporters et économie locale en embuscade
Les clubs réclament des règles précises sur les transferts et l’assurance des joueurs. « Un genou blessé ne doit plus ruiner une carrière », insiste Dieudonné Mbemba, patron des Aiglons, favorable à un fonds mutualisé alimenté par une part des recettes billetterie.
Autour du Gymnase Nicole Oba, vendeuses de beignets, mototaxis et imprimeurs d’affiches espèrent la pleine reprise. « Le hand, c’est notre boutique », sourit Madame Thérèse, installée depuis 1998. Une saison animée pourrait redonner souffle à ce petit écosystème urbain malmené par l’année blanche.
Le leadership féminin de Linda Noumazalayi
Parallèlement, la direction technique nationale relance les sélections jeunes. Des stages itinérants, confiés aux entraîneurs diplômés de Kintele, mettront l’accent sur la formation des gardiennes, poste historiquement fragile. L’ambition affirmée est de repositionner le Congo dans le top cinq africain d’ici trois ans.
La trajectoire de Linda Noumazalayi inspire. Ex-capitaine chez les juniors, ingénieure pétrolière devenue cheffe d’entreprise, elle incarne une nouvelle génération de dirigeantes africaines. Son élection renforce la visibilité du leadership féminin, sujet cher aux organisations sportives internationales comme à la jeunesse congolaise.
« La récréation est finie », a-t-elle martelé, phrase devenue virale sur les réseaux. Ce mot d’ordre, jugé motivant, confirme son style direct. Elle revendique un management collégial, mais prévient : le retard accumulé impose discipline et efficacité si l’on veut reconquérir tribunes et sponsors.
Objectif renaissance durable
Reste l’épreuve du terrain. Les prochains mois diront si la gouvernance réformée, l’agenda sportif resserré et la communication numérique suffiront à convaincre athlètes, partenaires et supporters. Une renaissance réussie ouvrirait à la Fécohand un rayonnement capable de dépasser le cercle des parquets congolais.

