Brazzaville se prépare
Le 28 septembre, l’esplanade du Palais des congrès se métamorphosera en scène à ciel ouvert. Sous le soleil de Brazzaville, les préparatifs battent leur plein pour accueillir « Dimanche na Bisso » et ses milliers d’aficionados.
Imaginé par un collectif de producteurs locaux, l’événement porte une ambition simple : célébrer la vie, la jeunesse et la créativité continentale au détour d’un dimanche devenu manifeste culturel.
Bentley Likibi, coordinateur artistique, assure que le rendez-vous « servira de vitrine aux talents émergents et consolidera l’image hospitalière de la capitale congolaise ». Son équipe peaufine sons, lumières et logistique depuis plusieurs semaines.
Soutenu par des partenaires institutionnels et privés, « Dimanche na Bisso » s’inscrit dans la dynamique de diversification culturelle voulue par les autorités afin de renforcer l’offre de loisirs pour la population urbaine.
Une programmation plurielle et festive
Du zouk à l’afrobeat, du rap au coupé-décalé, l’affiche déroule un panorama sonore qui traverse les capitales africaines sans escale. Chaque segment a été pensé pour maintenir une énergie constante du début d’après-midi jusqu’au crépuscule.
La scène principale accueillera successivement concerts, sets DJ et performances d’art vivant. Entre deux changements de plateau, comédiens et danseurs joueront de courtes créations pour éviter toute rupture de rythme.
Des stands de gastronomie, installés en demi-lune, proposeront madesu braisé, saka-saka revisité ou beignets de manioc, créant un parcours gustatif parallèle à la programmation artistique.
Selon le producteur Richard Loukoko, cette pluralité « traduit la conversation permanente entre nos rives musicales ». Il souligne que la sélection obéit autant à la popularité du moment qu’au potentiel d’exportation international.
Des artistes urbains à l’honneur
Kazama, rappeur brazzavillois au flow kaléidoscopique, ouvrira le bal avec les titres de son EP « Arrêt sur images ». À ses côtés, la chanteuse Ténorine mêlera lingala, français et yoruba sur des boucles digitales ciselées.
Les programmateurs ont également misé sur le duo angolais Afro-Nova, dont le dernier single comptabilise déjà plusieurs millions d’écoutes sur les plateformes régionales. Leur présence devrait attirer un public lusophone grandissant.
La scène urbaine congolaise voit dans ce festival un tremplin. « Obtenir un créneau ici peut changer une trajectoire », confie Kazama, persuadé que la diversité des professionnels accrédités facilitera rencontres et signatures.
Les organisateurs annonceront sur place un concours de freestyle ouvert aux lycéens de Brazzaville. L’initiative, parrainée par un opérateur télécom, vise à détecter précocement les talents et à encourager la scolarité artistique.
L’humour d’Eudoxie Yao comme liant
Venue d’Abidjan, Eudoxie Yao apportera son esprit facétieux et son charisme atypique. Sa popularité sur les réseaux sociaux précède chacune de ses apparitions, capables d’enclencher un buzz instantané.
La performeuse promet de jouer des sketches inédits avant d’interpréter son single motivant « Never give up ». « Je veux que chaque spectateur reparte avec le sourire et l’envie de persévérer », déclare-t-elle.
En mêlant humour et musique, la star ivoirienne illustre l’ADN multiple de Dimanche na Bisso : offrir une scène où les genres dialoguent sans complexes, du stand-up à la dance hall.
Sa participation devrait attirer un public féminin toujours plus présent dans les événements urbains, renforçant la dimension inclusive que revendiquent les organisateurs depuis la première édition.
Les DJ congolais et africains aux platines
À la nuit tombée, le témoin passera aux maestros des platines. DJ Ponpon, figure des nuits de Pointe-Noire, ouvrira le marathon sonore avec un set afro-house construit pour la danse collective.
Suivront DJ Salvador et DJ Seven, réputés pour leurs transitions millimétrées entre classics rumba et hits naija. Leur complicité promet d’éviter les temps morts et de maintenir la foule en apnée.
La touche féminine sera incarnée par DJ Barbie Noire et DJ Déborah Babia, dont les sélections gqom et amapiano soulignent la montée en puissance des productrices de la région.
En coulisses, DJ Marvy Mvila animera un atelier scratch auprès de jeunes passionnés. Objectif : transmettre les bases techniques et éthiques du deejaying pour pérenniser la culture hip-hop locale.
Cohésion culturelle et ambitions régionales
Au-delà de la fête, Dimanche na Bisso veut nourrir un sentiment d’appartenance élargi. Les organisateurs rappellent que le mot « biso » signifie « nous » en lingala, symbole d’unité face à la fragmentation culturelle.
L’événement ambitionne aussi de positionner Brazzaville comme hub sous-régional pour l’économie créative, en complément des grands rendez-vous de Kigali ou Lagos. Un forum professionnel se tiendra en marge des concerts.
Plusieurs maisons de disques européennes ont déjà confirmé leur présence, tout comme des plateformes de streaming et des institutions culturelles. Des rencontres B2B sont planifiées afin de convertir les coups de cœur artistiques en signatures concrètes.
Sur le long terme, la tenue régulière de Dimanche na Bisso pourrait stimuler le tourisme culturel et participer aux objectifs de diversification économique inscrits dans le Plan national de développement.
Prochaine étape, l’exportation du concept vers Pointe-Noire puis Kinshasa, annonce Bentley Likibi. « Nous voulons créer une route culturelle de l’Atlantique au fleuve », résume-t-il.

