Un retour rugissant au Parc Zoologique de Brazzaville
À l’aube du 29 octobre 2025, le tarmac de Maya-Maya a résonné d’un grondement insolite : deux lionceaux de huit mois, chacun proche des cent kilos, ont foulé le sol brazzavillois. Leur arrivée met fin à vingt-huit années sans félins au parc zoologique.
Derrière cette image attendue, un nom se détache : Africa Global Logistics Congo. L’entreprise a piloté la traversée entre Johannesburg et Brazzaville, assurant que chaque étape de la chaîne – du passeport vétérinaire aux verrous des caisses – réponde aux normes les plus strictes.
Le couple formé par le mâle et la femelle a pris place dans des cages aérées, maniées sans secousse durant quarante-huit heures. À destination, une équipe mixte de vétérinaires et d’agents du parc a immédiatement contrôlé respiration, hydratation et vigilance, avant un transfert prudent vers Zoolandia.
Une opération logistique millimétrée signée AGL Congo
Selon le communiqué d’AGL, la mission a mobilisé ses filiales fret aérien, douane et transport routier. Chaque service a reçu un cahier des charges : température stabilisée à moins de vingt-trois degrés, bruit contenu sous soixante décibels, et suivi GPS en temps réel.
La préparation a débuté plusieurs semaines avant l’envol. Les caisses, construites en bois traité, intègrent des panneaux métalliques, des trappes d’approvisionnement en eau et un tapis isolant. Les équipes sud-africaines ont entraîné les lionceaux à y entrer, évitant tout usage de sédatifs forts.
Une escale technique à Lusaka a permis de contrôler rythme cardiaque et fixations. Le convoi aérien a ensuite gagné le Congo, où AGL avait déjà positionné un camion amorti pour les dix derniers kilomètres jusqu’à la réserve forestière de la Patte d’Oie.
« Cette réussite illustre le savoir-faire africain en matière de logistique sensible », souligne le communiqué. L’entreprise rappelle que toutes les dispositions légales internationales, notamment la CITES, ont été respectées, conditionnant la délivrance des permis vétérinaires et douaniers dans les deux pays.
Zoolandia, un horizon éducatif renouvelé
Implanté en 1952, le parc de Brazzaville s’est vu confier, dès 2018, une mission botanique sous la bannière Zoolandia, contraction poétique de « Zoo land I am ». Avec cent collaborateurs, le site conjugue jardins tropicaux, vivarium et enclos, offrant une expérience immersive au public.
L’arrivée des lions couronne cette mue. Chems Roc, concessionnaire du site, insiste : « Notre mission est de réhabiliter le parc, de lui redonner sa fonction éducative et pédagogique mais aussi de divertissement pour la jeunesse. » Les félins deviennent l’emblème vivant de cette promesse.
Dans les prochains jours, les animaux resteront dans un espace d’acclimatation, hors du regard des visiteurs. Les soigneurs suivront alimentation, adaptation au climat et sociabilité avant toute présentation officielle, étape jugée indispensable pour préserver bien-être animal et sécurité publique.
Souvenirs et renaissance après 1997
Le parc a longtemps porté les stigmates des affrontements de 1997. Faune dispersée, infrastructures délabrées, fréquentation en chute : la mémoire collective garde la trace de ces journées sombres. Durant vingt-huit ans, aucun rugissement n’a plus résonné entre les kapokiers de la Patte d’Oie.
Le retour des lions incarne donc plus qu’une attraction. Il symbolise une page tournée et donne consistance aux efforts conjoints des autorités, des partenaires privés et des équipes du parc pour replacer Brazzaville sur la carte régionale des loisirs et de la conservation animale.
Pour AGL, cette livraison démontre la capacité d’opérateurs africains à gérer des transports d’animaux vivants dans le respect intégral des règles internationales. Le communiqué exprime la fierté des équipes et salue l’implication des autorités congolaises et sud-africaines dans la fluidité des formalités.
Enjeux culturels et touristiques pour la jeunesse congolaise
Chems Roc rappelle que la présence des deux félins sert le volet éducatif et pédagogique de Zoolandia. Le public, notamment la jeunesse, pourra désormais observer de près une espèce emblématique et comprendre, in situ, les messages de conservation que le parc ambitionne de diffuser.
La direction entend aussi redonner au lieu sa dimension de divertissement. Après des années d’absence de grands mammifères, l’arrivée des jeunes lions constitue une attraction de premier rang, susceptible de renouveler l’intérêt des habitants de Brazzaville comme des visiteurs de passage.
Pour l’heure, les gardiens veillent sur les nouveaux hôtes de Zoolandia, tandis que la ville bruisse déjà de leur réputation. Le rugissement attendu de ces ambassadeurs à crinière reforme, en quelque sorte, le lien entre la capitale congolaise et un patrimoine animalier qu’elle avait perdu.
Les prochains mois dévoileront la portée réelle de cette opération. Mais, déjà, le récit de ce transport hors normes circule sur les réseaux sociaux congolais, nourrissant une conversation positive autour de la protection de la faune et des savoir-faire africains en matière de logistique spécialisée.

