Une décision qui fait date
Le 18 août, dans une salle comble du palais des sports de Brazzaville, la Fédération congolaise de handball a officiellement acté son retrait de la Chambre de conciliation et d’arbitrage du sport. Ce vote, quasi unanime, met fin à vingt années de collaboration institutionnelle.
Nouvelle architecture juridique
En supprimant l’article 34 de ses statuts, la Fecohand redirige désormais tout recours vers la Confédération africaine de handball, puis vers la Fédération internationale. L’idée est d’appliquer un escalier juridictionnel plus conforme aux règles de la discipline, défend la présidente Linda Embendze Noumazalayi.
Les causes profondes du retrait
La responsable évoque des procédures jugées « trop lentes et parfois orientées » devant la Ccas, où certains candidats saisissaient directement la juridiction externe sans passer par le tribunal interne de la fédération. Ce contournement créait, selon elle, un déséquilibre dans la gestion des litiges.
Retour sur un scrutin contesté
Deux jours avant le congrès, la même juridiction avait recommandé de reporter l’assemblée élective. Malgré cette sentence, les clubs ont maintenu le vote qui a vu l’élection du nouvel exécutif. L’avocat Yvon Éric Ibouanga dénonce toujours « une violation manifeste du droit », mais la Fecohand estime avoir respecté la majorité des voix.
Voix d’experts sur la gouvernance sportive
Pour le juriste sportif Jonas Moukassa, ce choix « illustre la volonté d’une fédération de se réapproprier sa souveraineté arbitrale tout en restant connectée aux standards internationaux ». Il rappelle que d’autres pays d’Afrique centrale envisagent un chemin similaire pour fluidifier leur contentieux.
Impact sur les clubs et athlètes
Les clubs redoutaient une hausse des frais liés aux recours internationaux. La présidente rassure : des fonds d’assistance juridique seront mobilisés afin que les équipes évoluant en championnat élite ne subissent pas de surcoûts bloquants, notamment pour les jeunes formations provinciales.
Une dynamique soutenue par les joueurs
Le capitaine de Petro Sport, Destin Mabiala, voit dans cette réforme « une occasion d’obtenir des décisions plus spécialisées, rendues par des arbitres qui connaissent les réalités du handball africain ». Il espère aussi un règlement plus rapide des cas d’éligibilité des joueurs binationaux.
Résonance continentale
À Abidjan, le secrétariat de la Confédération africaine a salué le pragmatisme de Brazzaville. L’instance panafricaine y voit une opportunité de standardiser les procédures disciplinaires et de former des arbitres-juges issus du terrain, capables d’interpréter les règlements avec subtilité.
Cadre légal et harmonisation
Le Code mondial du sport autorise chaque fédération à définir sa propre voie de recours tant qu’elle garantit la possibilité d’un ultime arbitrage indépendant. En se tournant vers la CAHB puis l’IHF, la Fecohand se situe dans la conformité, souligne la professeure Diane Itoua, spécialiste du droit sportif.
Effet domino attendu
Des observateurs s’interrogent sur une possible contagion à d’autres disciplines collectives. Le président de la Ligue de basket, Roland Sita, déclare qu’« il est sain de réévaluer nos mécanismes de gouvernance, sans pour autant fragiliser le tissu sportif national ». Le dialogue inter-fédérations est déjà annoncé.
Confiance renouvelée des sponsors
Les partenaires commerciaux, notamment la société pétrolière SNPC, considèrent que cette clarification juridique offre une visibilité accrue. Un chargé de communication confie que « les marques cherchent la stabilité règlementaire pour investir dans des compétitions qui valorisent la jeunesse congolaise ».
Le rôle de l’État
Le ministère des Sports, par la voix de son directeur de cabinet, soutient la démarche après avoir « pris acte de la volonté des fédérations de consolider leur autonomie tout en respectant les lois nationales ». Il rappelle que l’État reste garant des infrastructures et du financement des sélections.
Retombées pour la diplomatie sportive
En se rapprochant davantage de la CAHB, la Fecohand renforce la présence du Congo sur la scène africaine. Les prochains championnats féminins, prévus à Niamey, permettront de tester ce nouveau dispositif de recours, une tribune idéale pour promouvoir l’expertise congolaise.
Perspectives pour la formation
La fédération mise sur des ateliers de sensibilisation au droit sportif destinés aux dirigeants de clubs, aux arbitres et aux journalistes. Objectif : vulgariser la nouvelle chaîne de résolution des conflits et réduire le nombre de dossiers litigieux dès la saison prochaine.
Un miroir de la société congolaise
Le handball, sport populaire depuis les années 1970, reflète les débats sur la modernisation des institutions. En fluidifiant ses mécanismes internes, la Fecohand montre qu’une gouvernance inclusive peut s’allier à une vision continentale tournée vers l’efficacité.
Prochaines étapes
Le comité exécutif compte publier d’ici fin octobre un guide des procédures révisées, avant de le soumettre à l’assemblée générale ordinaire. Les clubs disposeront alors d’un instrument pratique pour naviguer entre médiation, arbitrage interne et recours africain ou international.
L’avenir sous le signe de la confiance
En prenant ses distances avec la juridiction nationale, la Fecohand assume une stratégie d’ouverture continentale. Les supporters, impatients de voir les Diables Rouges briller, espèrent que cette réforme offrira au handball congolais un horizon plus lisible et un terrain de jeu apaisé.

