Auteur/autrice : Théo Lemaire

Un concours féminin tourné vers l’excellence grammaticale Sous les lambris sobres du rectorat de l’Université Marien-Ngouabi, le cliquetis des stylos a remplacé pour un instant le tumulte de la capitale. Vingt-deux candidates, lycéennes, étudiantes ou jeunes cadres, se sont affrontées durant soixante minutes autour d’exercices de conjugaison, d’accords complexes et de subtilités lexicales. L’événement, baptisé Miss Mayele – « l’ingéniosité » en lingala – se veut un hommage à l’intelligence féminine et au rôle structurant de la langue française dans le parcours professionnel. « Le cerveau n’a pas de sexe », insiste sa fondatrice, la professeure de lettres Sylvia Djouob,…

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Un triomphe historique pour la jeunesse congolaise Il est revenu à Brazzaville au milieu d’une foule dense, smartphone brandi et slogans de fierté à la bouche. Briny Oscar Kouba Matouridi, dix-sept ans à peine, vient d’inscrire son nom au palmarès planétaire du scrabble francophone en coiffant au poteau 285 adversaires issus de plus de vingt-cinq pays. Trois médailles d’or — en individuel toutes catégories, en junior et au défi des jeunes — viennent s’ajouter à une médaille d’argent en blitz et à un bronze en élite junior, scellant un total de cinq podiums qui feraient pâlir plus d’un vétéran de…

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Un podium canadien qui interroge l’orthographe nationale Il est encore des matins où le lexique offre à un adolescent les clés d’un passeport diplomatique. Le 21 juillet dernier, à Mont-Tremblant, au cœur des 53es Championnats du monde francophone de Scrabble, Briny Oscar Matouridi a fait retentir l’hymne congolais. Cinq médailles, dont deux en or, cueillies devant des catégories où l’on croise d’ordinaire des universitaires aguerris, ont placé le drapeau tricolore dans une lumière inédite. À dix-sept ans, l’élève brazzavillois a balayé la concurrence des Espoirs avant de tenir tête aux Seniors, Vétérans et Diamants, confirmant que le maniement des anagrammes…

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La fulgurante ascension d’un virtuose des lettres À dix-sept ans à peine, Briny Oscar Kouba Matouridi vient de grimper deux marches d’un seul geste : il a obtenu son baccalauréat scientifique avec mention et, presque dans le même souffle, coiffé la couronne de champion du monde de Scrabble dans la catégorie Élite. Cet exploit, rare dans les annales d’un sport cérébral souvent dominé par des joueurs expérimentés, raconte la vivacité d’une génération congolaise que beaucoup disaient en retrait face aux prouesses numériques. Formé au sein du Club des Stratèges de Brazzaville, le jeune prodige a très tôt manifesté une curiosité…

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Une cérémonie à haute teneur symbolique Le 25 juillet dernier, la rotonde marbrée du Palais des congrès de Brazzaville s’est transformée en amphithéâtre national de la reconnaissance. Sous les crépitements feutrés de la presse, le président Denis Sassou Nguesso a remis au professeur Théophile Obenga la Grand-Croix de l’Ordre du mérite congolais, plus haute distinction civile du pays. L’instant, solennel, a suspendu le geste présidentiel à une trajectoire de plus d’un demi-siècle, celle d’un intellectuel qui n’a cessé de faire converser l’Afrique ancienne avec le futur et de rappeler, à travers livres et conférences, que la connaissance constitue un patrimoine…

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Une référence universitaire actualisée Paru aux Presses universitaires de Brazzaville, le volume de 457 pages signé par le professeur agrégé Placide Moudoudou s’impose d’emblée comme une pierre angulaire pour la doctrine congolaise. L’auteur, fort de trois décennies d’enseignement à l’Université Marien-Ngouabi, revisite la matière administrative dans un contexte institutionnel stabilisé depuis la Constitution de 2015. Loin de se contenter d’une compilation normative, il annonce, dès les premières pages, sa volonté de dresser « la cartographie d’un droit en transition, au service d’un État de droit effectif », expression qu’il répète comme un fil rouge. Cette seconde édition, publiée dix ans…

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Un roman congolais à l’ambition globale Publié aux éditions LMI, « L’ombre qui parle » déroule sur cent quarante-quatre pages la trajectoire chahutée de Kwati, seize ans, enfant des rues que la perte parentale puis la précarité ont exilé aux marges de la capitale congolaise. Le sujet pourrait paraître strictement local ; il prend pourtant aussitôt une dimension planétaire, tant la figure de l’orphelin résonne d’un continent à l’autre. Si Averty D. Ndzoyi ancre son intrigue dans les ruelles poussiéreuses de Brazzaville, il orchestre surtout une méditation sur la faculté de l’être humain à convertir la brisure en élan vital. Cette…

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Une figure tutélaire de la poésie congolaise La nouvelle est tombée avec la dignité feutrée des grandes bibliothèques : Martial Sinda, né en 1935 à M’bamou-Sinda, s’est éteint dans la nuit du 16 au 17 juillet à son domicile parisien. La disparition de cet homme de lettres, doyen discret mais déterminé, résonne bien au-delà du cercle des spécialistes. Œuvre littéraire, engagement spirituel et parcours transcontinental se nouent chez lui en une partition totale où la rigueur universitaire épouse l’élan poétique. Comme le rappelle le critique Édouard Mankessi, « Sinda fut un pont plus qu’un totem : il ouvre des passages,…

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Un séminaire littéraire sous le signe du dialogue Au musée Cercle africain de Pointe-Noire, l’atmosphère tenait à la fois du forum académique et de la veillée spirituelle. Le 19 juillet, le café Prud’homme y a convié un public intergénérationnel pour entendre Bernard Moussoki présenter « Dieu nous parle » tomes 1 et 2, ainsi que « Le devoir de s’asseoir – Construire l’unité du couple ». Ces quelque deux heures de conversation auront montré qu’un événement littéraire, même modeste dans la forme, peut devenir un laboratoire de citoyenneté culturelle dès lors qu’il met en présence auteurs, critiques et simples lecteurs réunis par le goût…

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Le silence fertile d’un auteur en devenir Au terme d’un retrait volontaire commencé en 2017, Christ Kibeloh réapparaît sur la scène littéraire avec la sérénité de ceux qu’une longue parenthèse a libérés de la course médiatique. Devenu père de deux garçons, l’écrivain confie que ces années domestiques ont agi comme une ascèse : le rythme imposé par les premiers pas, les questions naïves et l’énergie brute de l’enfance l’ont aiguillé vers une perception affinée de la fragilité humaine. « Cette révolution silencieuse », dit-il, l’a ancré « dans une maturité différente ». La citation, subtilement reformulée, révèle la nouvelle trajectoire…

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