Auteur/autrice : Marius Bilombo
Rap congolais, un nouveau souffle Bras dessus, micros tendus, le rap d’Afrique centrale vit un frisson particulier ces derniers mois. Portés par l’énergie de Poison Mobutu, Mac Tyer ou du Gabonais Benjamin Epps, de nouveaux hymnes réconcilient club, réflexion sociale et storytelling flamboyant sur les rives du fleuve Congo. La récente émission Génération Consciente, enregistrée dans les studios de RFI, a consacré une large page à ces voix montantes et à leur entourage. Clips projetés, interviews rythmées et freestyle en direct ont dessiné les contours d’une scène connectée aux grandes plateformes internationales. Vision 2010 fait école Pour Bernard Bitanda, secrétaire…
Choc matinal à Pointe-Noire Au lever du jour le 21 octobre, Pointe-Noire a appris la disparition d’Achille Mouebo. L’annonce, venue d’un voisin par message vocal, a traversé les plateformes en quelques minutes et plongé les rues du premier arrondissement Emery-Patrice-Lumumba dans un silence incrédule. Chez lui, l’artiste venait de souffler ses cinquante-quatre bougies un mois plus tôt et travaillait encore, la veille, à la promotion radio de son maxi single Station-service. Sa mort brutale, dont les circonstances restent inconnues, a d’abord été accueillie comme une fausse rumeur. Pourtant, les sirènes des taxis-bus coupant l’avenue Charles-de-Gaulle n’ont pas couvert les sanglots…
Un dernier souffle parisien Jeudi 8 octobre 2025, Paris s’est figée : Pierre Moutouari s’est éteint à 75 ans, emportant avec lui plus de trente ans d’histoire musicale congolaise. Le chanteur de Missengue, figure tutélaire du soukous, laisse des fans endeuillés du Bas-Congo à la diaspora new-yorkaise. Son décès intervient alors que la scène locale célébrait encore, trois semaines plus tôt, l’anniversaire de son premier disque d’or: un symbole cruel qui rappelle la trajectoire météorique d’un artiste passé du statut d’amateur en 1968 à celui de monument. Des débuts éclatants à Brazzaville En 1968, le ministère congolais de la Culture distingue…
Madingou, berceau d’une voix Dans les rues ombragées de Madingou, chef-lieu de la Bouenza, on entendait dès 1964 un adolescent rythmer la messe sur des tam-tams. Ce garçon, jeune choriste de l’église catholique, se nommait Kaly Djatou et pressentait déjà que le chant dépasserait l’office dominical. Loin des grands studios, son premier conservatoire restait la cour familiale, où il apprenait à caler la voix sur le balancement des casseroles. Les voisins parlaient d’un « rossignol ». Le surnom restera, ainsi que l’idée qu’une carrière pouvait naître au cœur du village. Bilenge Sakana : le passage effacé À son arrivée à…
Une voix brazzavilloise en quête de vérité Le 10 octobre, Varan de Komodo lève le voile sur « Absence maman », un single aux accents soul et rap qui s’annonce comme un coup de poing émotionnel. Né à Brazzaville, l’artiste de 23 ans revendique une écriture sans fard, nourrie d’expériences intimes. Dès les premières mesures, la guitare bluesy se mêle à une basse ronde. Varan chuchote presque, comme pour apprivoiser son propre récit. Puis la rythmique trap s’installe, déjouant les attentes et dessinant un paysage sonore où la mélancolie dialogue avec l’espérance. Le morceau trouve sa genèse dans un cahier…
Kinshasa se prépare pour les Congo Awards 2025 Le 14 décembre prochain, la capitale congolaise Kinshasa accueillera la troisième édition des Congo Awards, trophée célébrant l’excellence panafricaine. Depuis son annonce officielle, l’événement suscite une effervescence palpable dans les cercles culturels et entrepreneuriaux. Pensé comme une soirée de prestige, le rendez-vous entend unir les talents du continent autour d’une même scène, tout en magnifiant la diversité des pratiques artistiques africaines. Les tenants du prix promettent un spectacle à la hauteur des ambitions affichées depuis 2023. Les catégories à l’honneur Le comité d’organisation a révélé en ligne la liste complète des catégories…
Retour en studio d’El Ben Patrick Mouithy Une simple story Instagram a suffi : on y voit El Ben Patrick Mouithy derrière un micro, casque vissé, sourire complice. En quelques minutes, la capture a enflammé les fils d’actualité des mélomanes congolais installés à Brazzaville, Pointe-Noire et dans la diaspora. Depuis la sortie de « Lésion ya bolingo », beaucoup pensaient le chanteur focalisé sur ses engagements sociaux. Cette séquence numérique ravive l’espoir d’un nouveau projet et rappelle combien sa voix peut encore faire vibrer la scène rumba. Une carrière façonnée par des mentors de choix Natif du Niari, El Ben…
Pokola s’électrise au rythme du Face à Face Au bord de la Likouala-aux-Herbes, Pokola s’apprête à troquer le marteau des scieries forestières pour le tempo syncopé des platines. Le 3 octobre, la petite ville verra sa place centrale vibrer sous les basses d’une soirée électro baptisée Face à Face. Portée par l’agence événementielle Le Diamant, l’initiative mêle esprit festif et volonté de tracer un récit territorial. Derrière la façade nocturne, l’objectif est clair : faire résonner l’identité de la Sangha dans un registre résolument contemporain, accessible à tous. Un duel conçu pour la scène et la cité Face à Face…
Couche à jeter : du collectif à la liberté créative Sur les hauteurs sonores de Brazzaville, le chanteur Couche à jeter tourne aujourd’hui une page déterminante. Figure autrefois flamboyante d’Extra Musica Zangul, il quitte l’ombre pour écrire en solo une trajectoire pensée depuis des années, mûrie dans les coulisses, entre voyages, répétitions nocturnes et rencontres capitales. Il confie que la décision, loin d’être un caprice, répond à une aspiration personnelle : « Je sens que j’ai grandi », souffle-t-il, sourire en coin. Des années d’apprentissage auprès de Roga Roga l’ont, selon lui, doté de l’assurance indispensable pour piloter désormais son…
JB Mpiana à Brazzaville : un retour très attendu Le calendrier culturel brazzavillois place déjà un repère rouge sur le 8 octobre. Ce soir-là, JB Mpiana, voix de la rumba moderne, retrouve les rives du fleuve Congo après plusieurs années d’absence scénique dans la capitale congolaise. L’annonce a ravi les fans, aguerris aux rythmes alanguis autant qu’aux célèbres animations du « Souverain 1er ». « Nous voulons ressentir la même émotion qu’en 1997 lorsqu’il chantait Feux de l’amour », glisse Michel, collectionneur de vinyles congolais, les yeux brillants. La rumba, patrimoine vivant d’Afrique centrale Inscrite depuis 2021 au patrimoine immatériel…
