AS Otoho brille en Coupe de la CAF
Le 29 novembre, Brazzaville a vibré sous les tribunes pleines du stade Alphonse-Massamba-Débat: l’Association sportive Otoho, vice-championne du Congo, a infligé un cinglant 4-1 au Chabab Riadhi Belouizdad lors de la deuxième journée du groupe C de la Coupe CAF TotalEnergies 2025-2026.
Cette victoire, obtenue sans championnat domestique actif depuis plusieurs mois, replace le club d’Oyo dans la course aux quarts de finale et offre aux supporters congolais un rare moment d’orgueil continental en attendant la reprise officielle de la Ligue 1 nationale.
Le succès a également mis en lumière l’engagement des autorités sportives, présentes en tribune officielle, déterminées à accompagner l’ambition des clubs congolais sur la scène africaine, conformément aux orientations gouvernementales visant à faire du sport un vrai vecteur de cohésion et de diplomatie.
Quatre buts qui enflamment le stade
Dès la 11e minute, l’attaquant Jacques Ndéckét Bowamba a ouvert la marque d’une frappe anodine devenue imparable après un rebond capricieux, déclenchant les premiers chants dans les gradins où vibraient drapeaux rouges, jaunes et verts.
Bandiougou Diallo, milieu box-to-box adulé pour son volume de jeu, a doublé la mise à la 25e minute sur une lourde volée du gauche avant que le jeune ailier Gossim Elenga, trois minutes plus tard, ne profite d’une défense statique pour inscrire le troisième but.
Au retour des vestiaires, le latéral Rosney Obembi a frappé fort à la 64e minute, scellant le score d’un missile du pied droit qui a heurté la barre avant de franchir la ligne; le public, debout, a entonné « Otoho, Otoho » comme lors des grandes soirées continentales.
Sékou Seck célèbre l’esprit d’unité
Le technicien malien Sékou Seck a salué « la détermination d’un groupe solidaire malgré le manque de compétition », rappelant que ses joueurs n’ont disputé que des matches amicaux depuis l’arrêt du championnat; il estime que ce résultat « envoie un message d’unité à toute la nation ».
Devant la presse, il a exprimé le vœu de voir « décideurs et partenaires » unir leurs forces pour consolider les infrastructures, insistant sur la nécessité d’un calendrier domestique stable afin de maintenir le niveau affiché face aux grosses cylindrées africaines.
Belouizdad promet une réaction
Son homologue espagnol, à la tête du Belouizdad, a reconnu la supériorité congolaise en confiant qu’il aurait « changé dix joueurs si le règlement l’y autorisait », regrettant un déficit d’intensité et de repères sur une pelouse humide qui a contrarié le jeu court des Algérois.
Le champion d’Algérie, vainqueur à plusieurs reprises de la Ligue 1 locale, reste toutefois persuadé de pouvoir rebondir lors des matches retour à Alger, comptant sur l’appui de ses supporters et sur un banc réputé profond pour inverser la dynamique.
Un calendrier décisif avant Singida
Malgré la claque reçue en ouverture contre Stellenbosch en Afrique du Sud, AS Otoho totalise désormais trois points et se place deuxième du groupe, à égalité avec les Sud-Africains mais avec une différence de buts favorable qui pourrait compter en mars, au moment des décomptes.
Le prochain rendez-vous est fixé au 25 janvier 2026 à Mwanza, en Tanzanie, face au Singida Black Stars, une formation athlétique réputée pour son pressing; un déplacement que les Congolais abordent avec sérénité, convaincus que le climat lacustre leur rappellera celui de la Cuvette.
La direction prévoit un stage express à Oyo avant le voyage, avec des séances à huis clos pour travailler la transition défensive et les coups de pied arrêtés, véritables points faibles identifiés durant l’analyse vidéo de la défaite sud-africaine.
Les enjeux pour le football congolais
Au-delà du résultat, la soirée brazzavilloise a attiré l’attention des investisseurs locaux présents dans les loges, sensibles au potentiel marketing d’un club qui a déjà participé à la phase de groupes en 2022 et qui ambitionne de franchir enfin le cap des quarts.
Le ministère des Sports a récemment rappelé son projet de modernisation des enceintes provinciales, y compris le complexe d’Oyo, afin d’offrir des conditions conformes aux standards de la CAF et, à terme, de la FIFA, démarche saluée par la Fédération congolaise de football.
Pour l’économiste du sport Marc Ibovi, « la visibilité acquise par Otoho peut attirer des partenariats public-privé, essentiels pour professionnaliser la filière et retenir les talents qui partent trop tôt vers le Maghreb ou l’Europe ».
Dans les rues de Brazzaville et sur les réseaux sociaux, les internautes ont abondamment partagé les images des quatre buts, faisant de la rencontre l’un des sujets les plus commentés de la semaine au Congo-Brazzaville, devant même les débats politiques ou musicaux habituels.
Si la dynamique se confirme, le parcours d’AS Otoho pourrait rapprocher davantage le public urbain de son championnat, offrir un modèle durable aux académies et, surtout, rappeler que le ballon rond reste au Congo-Brazzaville un formidable ciment générationnel et territorial.

