Une moisson historique de trophées pour 2025
Pour la Fédération congolaise de basket-ball (FECOKET), l’année 2025 restera gravée comme celle où les Anges-Noirs seniors dames ont conquis tout ce qu’il était possible de gagner, de la Coupe de la Ligue au Championnat national, en passant par la Coupe du Congo.
Cette razzia s’ajoute à un palmarès déjà étourdissant ; deux nouvelles étoiles s’inscriront sur l’écusson noir et or, portant à onze le nombre de sacres suprêmes et affirmant une domination rare dans l’histoire du basket féminin au Congo-Brazzaville.
Derrière ces trophées, se cache une montée en puissance patiemment construite ; les Anges-Noirs avaient échoué en finale l’an passé face à l’Inter Club, avant de revenir plus fortes et de renverser les mêmes adversaires lors de quatre finales successives cette saison.
Pour le président de la FECOKET, Fabrice Makaya, « ce quadruplé rappelle que la discipline se professionnalise et que l’exigence technique grandit », observe-t-il lors de la cérémonie officielle de remise des trophées, laissant entendre que l’exemple féminin doit inspirer tout le basket congolais.
Le gymnase Maxime Matsima, théâtre des exploits
La salle Maxime Matsima, située à Poto-Poto, vibrait à chaque rebond ; banderoles vertes et noires, vuvuzelas et chants repris en boucle ont transformé les tribunes en chaudron pendant les play-offs décisifs, offrant un avantage indéniable aux joueuses locales.
« On sentait littéralement le parquet trembler, c’était galvanisant », témoigne la meneuse Cecilia Ngassaki, auteure de 18 points de moyenne sur la campagne, soulignant le rôle du public dans la dynamique victorieuse.
Dans les travées, les anciennes gloires ne manquaient jamais une rencontre ; la double championne de 1975, Brigitte Maloumbi, confie avoir retrouvé « la même ferveur, mais avec davantage de rigueur tactique », preuve d’une évolution qualitative.
Le gymnase, rénové l’année dernière, a aussi bénéficié d’un éclairage LED dernier cri et d’un sol FIBA homologué, des investissements salués par les techniciens qui y voient la condition sine qua non pour attirer bientôt des compétitions sous-régionales.
Un gala célébrant un demi-siècle de gloire
La clôture de saison a délaissé les gradins pour la grande salle de l’Edmond Hôtel ; nappes ivoire, bouquets de lys et projection des plus belles actions sur écran géant composaient le décor d’une soirée pensée comme un pont entre générations.
Au premier rang, on reconnaissait Roger Venant Mouyamba, éternel capitaine, le colonel Jacques Ongotto, désormais à la tête du conseil départemental de la Lékoumou, et Mayitsa-Le-Pape, fondateur emblématique dont les anecdotes faisaient éclater de rires les plus jeunes.
Entre deux plats de poisson salé au citron, le président du club, Firmin Dinga, a remis des médailles personnalisées à chaque joueuse et, dans un clin d’œil à l’histoire, a honoré les « Mères de 75 » par un trophée souvenir.
La soirée s’est terminée très tard, au rythme d’une rumba live, symbole de la convivialité congolaise ; mais le message principal reste celui de la transmission, selon le président Makaya, pour qui « l’esprit famille des Anges-Noirs vaut autant qu’un tir primé ».
Des héroïnes guidées par Lena Mowa
Sur le parquet, la capitaine Lena Mowa incarne la régularité ; forte de sa vision du jeu, elle tourne à 7 passes décisives de moyenne et assume un rôle de cheffe de meute que les plus jeunes, telles Noëlla Bouya ou Mercia N’kouth, décrivent comme « maternel ».
L’effectif compte aussi la polyvalente Francine Nzazi, souvent appelée la « muraille » pour sa capacité à verrouiller la raquette, et la shooteuse Marcelle Akonguina, dont les tirs longue distance ont scellé les fins de match les plus serrées.
Derrière elles, la jeune ailière Princia Loukilonga symbolise l’avenir ; à 18 ans, elle effectue déjà des apparitions décisives et devrait être l’une des pierres angulaires du projet de délocalisation du club vers la ville de Sibiti.
« Nous voulons former sur place, pas seulement recruter », insiste le coach adjoint Siracide Bimako, convaincu que la création d’antennes régionales luttera contre l’exode de talents et irrigera tout le bassin basket du pays.
La vision de Firmin Dinga pour l’avenir
Souriant mais déterminé, Firmin Dinga veut capitaliser sur la promotion des Anges-Noirs masculins en division supérieure ; l’objectif est de hisser les deux sections sur les podiums d’ici trois ans, « afin de renforcer la marque Anges-Noirs sur tous les terrains ».
Le dirigeant mise sur un partenariat public-privé pour moderniser le centre d’entraînement et construire un dortoir pour les espoirs, tout en continuant à sensibiliser le tissu économique local à l’importance du sponsoring, qu’il juge encore timide.
Une excroissance déjà concrète a vu le jour à Sibiti, où une section mixte a participé au dernier championnat national ; cette implantation, observe le colonel Ongotto, « prépare la relève et permet de rapprocher le basket des jeunes de la Lékoumou ».
Avant de conclure la soirée, Dinga a rappelé que le club fêtera ses 55 ans l’an prochain ; il promet une tournée dépendant des agendas institutionnels et rêve d’un match de gala face à une équipe de référence de la sous-région.

