Une signature à Brazzaville sous le regard officiel
Le 27 août 2025, dans un salon baigné de lumière du ministère de la Communication à Brazzaville, le Groupe national de presse La Nouvelle République et le Congrès des chefs d’entreprises du Congo ont apposé leurs signatures sur un contrat présenté comme stratégique.
Antoine Ethai Oviebo, directeur de cabinet du ministre et porte-parole du gouvernement, a supervisé la cérémonie, saluant une démarche qui, selon lui, tisse un pont durable entre deux forces complémentaires : l’économie créatrice de richesse et l’information, moteur d’éclairage citoyen.
Objectifs communs : visibilité et innovation
Pour Paul Nestor Mouandzibi Ndinga, président du CCEC, un média ne se limite plus à relayer des dépêches ; il « devient un vecteur de démocratie, de transparence et de cohésion sociale », reflétant les aspirations d’une jeunesse entrepreneuriale avide de visibilité.
Le partenariat prévoit des espaces éditoriaux dédiés, des reportages sur le terrain et une mutualisation de données économiques, afin que les initiatives privées congolaises bénéficient d’un éclairage constant, sans pour autant sacrifier l’indépendance rédactionnelle que revendique La Nouvelle République.
Le poids historique d’un quotidien national
Créée par décret du 9 novembre 1998, La Nouvelle République résulte de la fusion du quotidien Mweti, du mensuel Congo Magazine et du journal sportif Le Stade, trois titres qui ont nourri l’imaginaire collectif pendant la période charnière de la fin des années quatre-vingt-dix.
Anasth Wilfrid Mbossa, directeur général du groupe, se plaît à rappeler les rubriques cultes, telle « Mweti a vu », qui dénonçait déjà les petits travers de la société tout en célébrant ses réussites, forgeant un lien affectif entre le journal et ses lecteurs.
La transition numérique du groupe de presse
Aujourd’hui, cette maison de presse investit le numérique : plateforme en ligne, télévision web, réseaux sociaux et podcasts permettent une diffusion instantanée, touchant aussi bien Brazzaville que Pointe-Noire, et même la diaspora congolaise connectée depuis Paris ou Abidjan.
Des partenaires internationaux variés
Le journal revendique déjà des partenariats éditoriaux avec C-Direct, Russia Today, Sputnik, Fraternité Matin, Le Jornal de Angola ou Le Quotidien du Peuple, autant de relais qui favorisent les échanges d’articles et l’ouverture du Congo aux débats mondiaux.
Au plan national, ses productions trouvent écho sur la Télévision congolaise et la Radio nationale, garantissant une couverture qui traverse villes et villages, là où le papier n’arrive pas toujours mais où la voix demeure un lien culturel puissant.
Former la relève et élargir les compétences
Le 22 août 2025, La Nouvelle République a ouvert un autre chantier avec l’Institut supérieur polytechnique-Universitaire : modules pratiques, ateliers de montage et immersion dans les rédactions doivent permettre aux étudiants de tester la rigueur du terrain dès leur première année.
Pour A. W. Mbossa, la formation reste « une condition sine qua non de la crédibilité ». Il insiste sur l’apprentissage des formats multimédias, persuadé que l’avenir se joue dans la maîtrise simultanée de l’image, du son et de la data.
Un partenariat dit gagnant-gagnant
Les promoteurs du CCEC voient déjà un calendrier de dossiers sectoriels : agriculture durable, industrie forestière responsable, fintech locale ou projets culturels. Chaque thème donnerait lieu à un cahier spécial distribué lors des forums économiques et réutilisé comme argumentaire auprès des investisseurs.
La rédaction, elle, entend garder son droit de regard sur le ton et le choix des angles afin de préserver la confiance du public. « Dans cette signature, il n’y a pas de perdant », a martelé Mbossa, rappelant la complémentarité, non la fusion, des deux structures.
Un contexte économique en mutation
Depuis la pandémie, l’économie congolaise cherche de nouveaux leviers de croissance hors hydrocarbures. Les entreprises veulent raconter leurs efforts de diversification ; les médias, eux, explorent des modèles hybrides mêlant abonnements numériques, événements et partenariats à forte valeur ajoutée.
L’alliance signée le 27 août s’inscrit dans ce mouvement plus large, où information économique rime avec attractivité territoriale. En donnant une scène à des PME parfois méconnues, La Nouvelle République mise sur un cercle vertueux : visibilité, confiance, investissements, emplois.
Des attentes fortes du côté des jeunes adultes
Sur les réseaux, de nombreux étudiants saluent déjà l’accord, espérant des stages rémunérés et des masterclass accessibles. Le CCEC évoque la possibilité d’un hackathon annuel autour de la data-journalism, réunissant codeurs, rédacteurs et designers pour prototyper des outils de veille économique.
D’ici le premier semestre 2026, un comité de suivi doit être installé. Il compilera indicateurs de performance, retours d’audience et effets concrets sur les chiffres d’affaires, afin de mesurer la solidité de cette corde tendue entre média public et secteur privé congolais.
Un horizon où convergent narration et développement
Tout porte à croire que cette collaboration offrira une plateforme où le discours économique se fera plus lisible, sans perdre la dimension humaine qui caractérise les récits culturels du pays. Les signataires veulent prouver qu’un traitement rigoureux n’exclut ni enthousiasme ni créativité.
Dans un monde saturé d’informations, l’accord CCEC-La Nouvelle République rappelle qu’un contenu contextualisé reste le meilleur allié de l’action. À l’heure où chaque clic compte, la démarche mise sur des histoires locales capables de résonner au-delà des frontières numériques largement durables.

