Escale sonore à Pointe-Noire
Le 28 septembre 2025, la Plage du Warf, anciennement Lagon bleu, se prépare à vibrer au rythme d’Afro Élites, rendez-vous musical et identitaire orchestré à Pointe-Noire. L’événement ambitionne de signer la rentrée culturelle par une fête immersive célébrant la créativité panafricaine.
Pensé comme une escale symbolique au large des racines africaines, Afro Élites combine concerts, mode et gastronomie dans un décor balnéaire revisité. Son directeur artistique, Olivier N’sitou, évoque un « festival-pont entre héritage et avenir » où chaque discipline trouve un écho collectif.
Une scène pensée comme un récit
Le site, bordé par l’Atlantique, sera scénographié comme un voyage continent-archipel. Des passerelles de bois guideront le public de pôles sonores en espaces couture, tandis qu’une grande fresque numérique évolutive projettera, au fil des performances, motifs kongo, wax et glitch futuristes.
Pour l’architecte congolais Maël Kanza, chargé du design, « chaque pas doit raconter une histoire ». Les habillages lumineux adopteront des teintes sépia au coucher du soleil, avant de basculer vers des lasers turquoise qui symboliseront l’ouverture sur les diasporas et l’avenir digital africain.
Playlist panafricaine
Côté sons, la direction artistique a mêlé tubes récents et classiques. Le public dansera sur Jerusalema, vibrera à Calm Down, saluera Essengue, sans oublier Ye ou Sawa Sawa de Fally Ipupa.
Chaque titre a été retenu pour sa capacité à fédérer différentes générations, expliquent les curateurs. Des remixes afro-house se mêleront à des pépites congolaises remastérisées, offrant un arc sonore qui va du rumba au drill le plus contemporain, sans rupture d’émotion ni de rythme.
Quatre têtes d’affiche complémentaires
La programmation s’appuie sur quatre figures en pleine ascension. DJ Mesgo, primé à Abidjan en 2024, injectera son énergie électro-afro. MLG Mochristoo, poète urbain, proposera un rap introspectif. La chanteuse Sosey distillera des envolées soul. DJ Bobo, vétéran des nuits de Kinshasa, maîtrisera les transitions.
Ces artistes, chacun auréolé d’un palmarès solide, incarnent la pluralité des trajectoires africaines. Sous la scène principale, leurs pochettes d’albums seront projetées comme des monuments éphémères, rappelant le chemin parcouru depuis Afro Pulse ou Éclats d’âme jusqu’aux inédits qui seront dévoilés sur le sable.
Distinctions et parcours
DJ Mesgo a construit sa réputation sur Afro Pulse et Nocturne tropicale, où il marie percussions bantoues et textures électroniques. Ses sets, salués par le Festival Afro Vibes, lui ont valu d’être présenté comme un passeur entre dancefloor global et héritage villageois.
Sosey, prix Révélation féminine 2023, assume un répertoire intimiste nourri de mélodies lingala et de spoken-word. MLG Mochristoo défend une plume radicale avec Paroles urbaines puis Résistance, tandis que DJ Bobo a bâti Afrique en fréquence comme un manifeste pour les clubs de la sous-région.
Rencontres inédites attendues
Au-delà des performances individuelles, Afro Élites promet des croisements audacieux. Les techniciens testent déjà un set conjoint où DJ Mesgo et DJ Bobo fusionnent basses kwaito et trance bantoue. Une autre rumeur annonce un spoken-word à deux voix entre Sosey et MLG Mochristoo, enregistré en direct.
Ces featurings, minutieusement gardés secrets, seront révélés sur l’instant pour préserver l’effet de surprise. La production assure qu’aucun test-caméra ne fuitera. « L’idée, explique la manageuse Gina Mapata, est de recréer la sensation des grands bœufs jazz où tout naît de la connivence. »
Impact culturel et économique
Pour la mairie de Pointe-Noire, partenaire institutionnel, Afro Élites s’inscrit dans la stratégie de promotion du tourisme intérieur. Les hôtels du littoral affichent déjà 70 % de réservations, indique le comité, qui table sur une centaine d’emplois temporaires.
La manifestation stimule aussi les artisans locaux. Costumières de la Sape, collectifs street-food et start-ups tech fabriquent les stands connectés. « C’est un chantier pilote pour éprouver le savoir-faire créatif congolais », observe l’économiste Franck Oko de l’Université Marien-Ngouabi.
Parole aux organisateurs
Interrogé sur le positionnement du festival, Olivier N’sitou insiste sur l’accessibilité. Les billets early bird étaient proposés à huit mille francs CFA avant de passer à dix-deux mille. Une politique de tarifs dégressifs a été négociée avec des ONG juvéniles afin d’assurer la présence d’étudiants et de lycéens.
Attente du public et billetterie
Sur les réseaux sociaux, le mot-clic #AfroElites2025 accumule déjà plus de cent cinquante mille impressions, propulsé par des teasers vidéo filmés en one-shot sur la plage. Les organisateurs prévoient cinq mille spectateurs, une jauge limitée pour préserver le confort et la sécurité, conformément aux normes municipales actuelles.
Horizon 2025 pour la musique congolaise
Afro Élites s’inscrit dans une dynamique plus large d’essor des festivals au Congo-Brazzaville, à l’image de Mboundi Jazz ou de Ponton-Culture. Pour le producteur Emile Pika, ces initiatives renforcent l’attractivité du territoire et encouragent les artistes à diffuser leurs œuvres depuis la base locale.
En rassemblant scènes émergentes et références établies, le festival demeure un révélateur d’énergies. Il démontre que modernité et identité ne s’opposent pas mais s’alimentent. Le 28 septembre, Pointe-Noire ne sera pas seulement un port pétrolier : elle invitera l’Afrique à danser face à l’océan.

