Baptêmes à Brazzaville : un rituel porteur d’espoir
Le 28 décembre, l’église Saint-Michel de Brazzaville a vibré sous les chants liturgiques accompagnant le baptême de vingt fidèles adultes. La scène, empreinte d’encens et de lumière, a marqué l’aboutissement d’un catéchuménat conduit au rythme du calendrier de la communauté anglicane internationale.
Autour des fonts baptismaux, familles, choristes et légionnaires de Marie ont formé un arc vivant de couleurs. Chaque immersion, suivie de l’onction à l’huile, résonnait comme un nouveau départ, écho discret des attentes spirituelles d’une capitale en pleine quête de repères.
Le vicaire général, l’abbé Tedy Fred Mongo, a veillé au protocole sacramentel, soutenant de brefs encouragements ceux qui s’avançaient. Pour lui, le baptême ne clôt rien ; il ouvre un couloir de responsabilité où la foi doit se traduire « en gestes lisibles au quotidien ».
Mgr Ruden Sydeney Nganga exhorte à l’exemplarité
Présidant l’eucharistie, Mgr Ruden Sydeney Nganga a livré une homélie toute en images mariales. Il a rappelé que la Vierge, humble et persévérante, demeure un modèle de « fiat » pour ceux qui embrassent la vie chrétienne dans un contexte souvent agité par le doute.
« Soyez des reflets crédibles de l’Évangile, de la maison jusqu’au marché », a-t-il martelé, avant de lier exemplarité et paix sociale. Son appel s’est adressé autant aux néophytes qu’aux responsables des groupes d’apostolat, invités à soutenir cette dynamique d’intégration par la proximité.
Il a souligné que l’exemplarité passe par la prière régulière, la participation aux sacrements et l’obéissance aux orientations paroissiales. Pour lui, ces piliers constituent « une grammaire lisible » capable d’inspirer ceux qui observent l’Église depuis les marges de la société.
Un engagement marial et apostolique renouvelé
Les vingt baptisés ont intégré la fraternité Légion de Marie, brassant intercession, service et étude biblique. Cette adhésion exige présence hebdomadaire et visite aux malades, autant d’actes concrets par lesquels la spiritualité mariale se mue en charité visible au sein du quartier.
Lors de la remise des scapulaires, Mgr Nganga a décrit la vie légionnaire comme « un humble laboratoire » où se forge la cohérence entre parole et action. Il a recommandé une vigilance intérieure, afin que le zèle des premiers jours ne s’émousse pas.
En réponse, une porte-parole des nouveaux légionnaires a exprimé un « oui » collectif, promettant assiduité et solidarité. Ses mots, entremêlés d’émotion, ont reçu les applaudissements d’une assemblée consciente que chaque engagement marial inscrit une note d’espérance supplémentaire dans la partition urbaine.
Entre prière et service, la vision sociale de l’Église
Profitant de la solennité, l’évêque a interpellé les autorités compétentes sur le besoin d’hôpitaux et d’écoles portés par l’obédience. Selon lui, consolider la santé et l’éducation relève d’un même mouvement spirituel visant la dignité intégrale de la personne humaine.
L’assistance a accueilli cet appel par de brefs acquiescements, consciente que la construction d’un hôpital ou d’une école dépasse la seule sphère ecclésiale. En invitant l’État, les partenaires et la société civile, Mgr Nganga inscrit l’action pastorale dans un dialogue citoyen.
« La prière nous envoie vers les périphéries », a-t-il insisté, rappelant que le Royaume se mesure à la capacité d’alléger la souffrance. Cet accent social confère aux nouveaux baptisés une mission qui excède les murs de Saint-Michel : être des relais de fraternité.
La communauté anglicane internationale au Congo
L’Église catholique orthodoxe de la communauté anglicane internationale, forte de trente-huit Églises sœurs dans le monde, compte quatre diocèses et deux archevêques au Congo. Son siège, situé aux États-Unis, assure la coordination d’initiatives centrées sur l’unité chrétienne et l’évangélisation.
À Brazzaville, le diocèse tiré autour de Saint-Michel se distingue par une dynamique missionnaire vivante. Les groupes d’apostolat, de la chorale au service des pauvres, s’y relaient pour maintenir un pouls pastoral régulier, souvent salué par les habitants du quartier.
Le baptême collectif du 28 décembre apparaît donc comme la pointe émergée d’un iceberg spirituel fait de formation, de partage et d’espérance. Il rappelle que, dans la capitale congolaise, la proclamation du kérygme s’articule toujours à des projets concrets de développement humain.
Vers une année nouvelle
En cette fin d’année liturgique, la paroisse se projette déjà vers les prochaines étapes : confirmation des néophytes, sessions de catéchèse renforcée et visites de l’évêque diocésain. Ces jalons permettront de mesurer la croissance d’une foi désormais appelée à rayonner.
Pour les familles, l’enjeu dépasse la seule fierté. L’entrée dans la Légion engage à une discipline domestique : temps de prière, cohésion inter-générationnelle, accueil des voisins en difficulté. Autant d’espaces où l’idéal marial, évoqué par Mgr Nganga, prend chair jour après jour.
À l’extérieur de l’église, les nouveaux baptisés ont reçu des poignées de mains chaleureuses tandis que la chorale entonnait un cantique final. L’image, simple, scelle l’alliance entre liturgie et vie urbaine : un rappel que la foi chrétienne, ici, se chante autant qu’elle se construit.
Dans le ciel de décembre, les cloches de Saint-Michel ont prolongé la fête. Leurs notes, portées par la brise du fleuve, ont emporté la promesse d’une année nouvelle sous le signe de l’exemplarité.

